Politique
Changement de la Constitution en RDC : Michel Omba Taluhata plaide pour une réforme adaptée aux réalités du pays

Le président du parti politique Alternative pour le Congo (AC RDC), Maître Michel Omba Taluhata, a officiellement pris position en faveur du changement de la Constitution de la République démocratique du Congo lors d’une conférence de presse tenue samedi 30 mai à Kinshasa.
Membre de l’Union sacrée de la Nation et vice-président du regroupement politique Action des Alliés Nationalistes pour la Démocratie (A.A.N.D.), il a exposé les motivations de son parti dans le débat qui divise actuellement la classe politique congolaise.
Face à la presse nationale et internationale, Michel Omba Taluhata a indiqué que deux grandes tendances s’affrontent aujourd’hui autour de la question constitutionnelle : d’une part, la plateforme C64, regroupant des acteurs de l’opposition qui s’appuient sur l’article 64 de la Constitution pour dénoncer toute tentative de modification susceptible de remettre en cause l’ordre constitutionnel ; d’autre part, la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), soutenue par plusieurs composantes de l’Union sacrée.

Le président de l’AC RDC a affirmé que son parti adhère pleinement à la démarche du C4, estimant que celle-ci s’inscrit dans le respect des dispositions constitutionnelles et de la souveraineté populaire consacrée par l’article 5 de la Constitution.
Quatre piliers pour justifier le changement
Au cours de son intervention, Michel Omba Taluhata a développé quatre principales raisons qui, selon lui, justifient l’adoption d’une nouvelle Constitution.
La première est d’ordre sociopolitique. Selon lui, les difficultés rencontrées depuis l’alternance politique de 2019, les tensions institutionnelles entre les différentes composantes du pouvoir ainsi que les défis sécuritaires persistants ont freiné la mise en œuvre des politiques publiques et ralenti le développement du pays.
Il estime que certaines dispositions constitutionnelles limitent l’efficacité de l’action gouvernementale et du chef de l’État dans la conduite des réformes attendues par la population.
« Nous ne voulons pas qu’un dirigeant qui affiche des ambitions de transformation puisse invoquer demain des blocages constitutionnels comme alibi à son incapacité d’agir », a-t-il déclaré.
Une lecture juridique favorable à une nouvelle Constitution
Sur le plan juridique, Michel Omba Taluhata a insisté sur la nécessité de distinguer la révision constitutionnelle du changement de Constitution.

Selon lui, l’article 218 de la Constitution encadre les procédures de révision, tandis que l’article 220 protège certaines dispositions jugées intangibles.
Toutefois, il considère que ces limitations concernent uniquement les modifications partielles de la Constitution et non son remplacement complet à travers une nouvelle loi fondamentale.
S’appuyant sur les principes juridiques du parallélisme des formes et de l’acte contraire, il a soutenu que le peuple congolais, en tant que détenteur de la souveraineté nationale, demeure l’autorité habilitée à adopter une nouvelle Constitution par voie référendaire.

« Le peuple est le propriétaire de la Constitution. Celui qui l’a adoptée peut également décider de la remplacer lorsque les circonstances l’exigent », a-t-il affirmé.
Répondre aux réalités du pays
Le président de l’AC RDC estime que la future Constitution devrait mieux répondre aux réalités sociopolitiques, culturelles et sécuritaires du pays.
Il a notamment évoqué la question de la nationalité et de la cohésion nationale dans l’Est de la RDC, estimant que certaines dispositions devraient être renforcées afin de prévenir les contestations identitaires et les conflits récurrents qui alimentent l’insécurité dans cette partie du territoire national.

Selon lui, la nouvelle Constitution devrait permettre de clarifier définitivement certaines questions liées à la nationalité congolaise tout en consolidant l’unité nationale.
Rejet des accusations sur un éventuel troisième mandat
Réagissant aux critiques de l’opposition, qui soupçonne une volonté de modifier les règles relatives à la durée et au nombre de mandats présidentiels, Michel Omba Taluhata a rejeté ces accusations.
Pour lui, le débat sur le changement de la Constitution ne saurait être réduit à la question d’un éventuel troisième mandat présidentiel. Il affirme que la démarche vise avant tout à adapter les institutions aux défis contemporains du pays et à renforcer l’efficacité de l’État.
À travers cette sortie médiatique, le président de l’Alternative pour le Congo entend ainsi contribuer au débat national sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo et plaide pour que la décision finale revienne au peuple souverain à travers un processus référendaire.
Ce texte est rédigé dans un format de presse classique, avec un titre, un chapô et des intertitres facilitant la publication dans un journal, un site d’information ou un communiqué de presse.
Freddy Longangu