Politique
Maniema : le gouverneur Moussa Kabwankubi et Adolphe Amisi Makutano signent un scandale financier à hauteur de 840 millions de francs congolais

Une affaire impliquant les autorités provinciales du Maniema retient l’attention de l’opinion publique après son examen par la Cour des comptes. Au centre du dossier figure un transfert de 840 millions de francs congolais effectué depuis le compte de la province vers un compte privé ouvert au nom d’Adolphe Amisi Makutano.
Selon les éléments présentés au cours de l’audience, le ministère public reproche aux personnes poursuivies d’avoir coordonné ce transfert sans passer par le comptable public, contrairement aux règles de gestion des finances publiques. Les juges ont pris connaissance du rapport du magistrat instructeur ainsi que des conclusions du ministère public avant de mettre l’affaire en délibéré. Un arrêt provisoire est attendu le 14 juillet 2026.
En raison de sa qualité d’ordonnateur des dépenses de la province, le gouverneur Moussa Kabwankubi selon certaines informations, a opéré ce transfert en échange d’une protection politique de la haute hiérarchie du parti au pouvoir. Ce, dans un contexte politique déjà tendu au sein de l’UDPS dans la province du Maniema, où certains militants contestent depuis plusieurs mois Moussa Kabwankubi à la tête de l’exécutif provincial. Si la Cour des comptes venait à retenir des manquements à son encontre, cette décision pourrait avoir des répercussions aussi bien sur sa situation judiciaire que sur son avenir politique.

Le dossier remet également sous les projecteurs Adolphe Amisi Makutano, député national et président du conseil d’administration de l’Ogefrem et cadre influent de l’ Udps où il occupe le poste de président de la Ligue des jeunes. Son nom avait déjà suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux après la diffusion d’une photographie à caractère privé, une controverse qui avait alimenté le débat sur l’exemplarité des responsables publics sans toutefois entraîner de conséquences officielles sur ses fonctions.
Au-delà des considérations politiques, c’est surtout le montant du transfert qui choque une partie de l’opinion. Beaucoup estiment qu’une somme de 840 millions de francs congolais aurait pu contribuer au financement de projets de développement ou à la prise en charge de besoins sociaux importants, notamment dans une province confrontée à de nombreux défis en matière d’infrastructures et de services publics.
Cette procédure intervient également alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution occupe une place importante dans l’actualité nationale. Les opposants à une réforme constitutionnelle soutiennent que les difficultés de la République démocratique du Congo ne résident pas dans les textes, mais dans leur application effective et dans le respect des principes de bonne gouvernance. Pour eux, des affaires comme celle examinée par la Cour des comptes illustrent avant tout la nécessité de renforcer la reddition des comptes, le contrôle des finances publiques et la lutte contre l’impunité, dans le strict respect de la présomption d’innocence.
Le Dialogue