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Politique

Malgré les excuses controversées, le camp Tshisekedi maintient la pression sur Bahati

La Rédaction

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À peine quelques jours après une prise de position remarquée sur le projet de changement de la Constitution, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a opéré un spectaculaire rétropédalage. L’actuel deuxième vice-président du Sénat a présenté des excuses dans un communiqué diffusé sur WhatsApp, un geste qui n’a pas suffi à calmer la tempête politique déclenchée par ses déclarations du 4 mars 2026.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jour-là, le président du regroupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) avait publiquement exprimé des réserves face à l’idée d’une modification de la Constitution.

Ses propos avaient immédiatement été salués par plusieurs figures de l’opposition qui y voyaient une prise de distance rare au sein de la majorité politique.

Un communiqué qui sème le doute

Quelques jours plus tard, un texte attribué à Modeste Bahati Lukwebo a circulé dans plusieurs groupes WhatsApp. Dans ce communiqué, le sénateur présente ses excuses pour ses déclarations qu’il dit être sorties de leur contexte et affirme rester attaché à la ligne politique de la majorité.

Mais la forme choisie pour cette mise au point a rapidement suscité la confusion. Le document, non revêtu du logo officiel de l’AFDC-A, a d’abord été considéré par certains comme un faux. Sa diffusion initiale dans un groupe WhatsApp, avant toute publication officielle, a renforcé les interrogations sur son authenticité.
Ce n’est qu’après plusieurs heures d’incertitude que des proches du sénateur ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un communiqué authentique.

Malgré cette confirmation, une partie de l’opinion reste sceptique. Pour certains analystes et acteurs politiques, ces excuses ne convainquent pas. Ils estiment que si le sénateur était réellement animé d’un esprit d’apaisement, il aurait dû présenter ses regrets dans le même format que celui utilisé pour ses déclarations initiales : une conférence de presse publique.

Déception dans l’opposition

La volte-face du sénateur a provoqué une vague de réactions, notamment dans les rangs de l’opposition. Plusieurs responsables politiques qui avaient salué son intervention du 4 mars se disent aujourd’hui déçus.
Pour eux, cette prise de distance suivie d’excuses rapides illustre les pressions politiques qui entourent le débat sur la révision constitutionnelle.

Certains parlent même d’un « faux pardon », estimant que le geste manque de clarté et de cohérence politique.

La menace de destitution maintenue

Du côté de la majorité au pouvoir, les excuses du sénateur ne semblent pas avoir changé la donne. Une initiative visant à le destituer de son poste de deuxième vice-président du Sénat reste d’actualité.
À l’origine de cette démarche, une pétition portée par un élu de la chambre haute a déjà recueilli plus de cinquante signatures, dépassant largement le seuil requis par le règlement intérieur du Sénat.

Selon les initiateurs de cette pétition, la démarche ne se limite pas à la polémique liée à ses déclarations sur la Constitution. Ils évoquent également d’autres griefs, notamment le non-respect de certaines attributions liées à ses fonctions au sein du bureau du Sénat.

Un avenir politique incertain
Dans ce contexte tendu, l’avenir institutionnel de Modeste Bahati Lukwebo apparaît plus incertain que jamais. Entre la déception d’une partie de l’opposition qui l’avait momentanément soutenu et la détermination affichée de certains membres de la majorité à poursuivre la procédure de destitution, le sénateur se retrouve au cœur d’une séquence politique délicate.
Reste à savoir si ses excuses, diffusées dans un format inhabituel, suffiront à calmer la crise ou si elles marqueront au contraire une nouvelle étape dans l’isolement politique du deuxième vice-président du Sénat.

Le Dialogue

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