Politique
Crise à l’OCC : entre réformes engagées et résistances persistantes, les révélations de L’Exode International

Une enquête approfondie menée par le groupe de presse L’Exode International met en lumière une situation contrastée au sein de l’Office Congolais de Contrôle. Entre efforts de réforme impulsés par le Conseil d’administration et blocages persistants, le rapport dresse un tableau à la fois encourageant et préoccupant de cette institution clé pour l’économie nationale.
Des avancées portées par le Conseil d’administration
Selon les conclusions de l’enquête, présentées par l’Editeur directeur général du groupe de presse Exode International, Papy Honoré Kayembe au cours d’une conférence de presse qu’il a animée ce samedi 21 mars à l’hôtel ROTANA à Kinshasa, le Président du Conseil d’administration de l’OCC a initié plusieurs actions visant à moderniser la gouvernance de cette entreprise.
Parmi les réalisations notables figurent la mise en place de mécanismes de contrôle interne renforcés, la volonté de rationaliser les procédures aux frontières et l’introduction de mesures destinées à améliorer la transparence dans la collecte des recettes publiques.

Ces initiatives s’inscrivent dans une logique de rupture avec des pratiques longtemps décriées.
L’objectif affiché est clair : redonner à l’OCC son rôle stratégique dans la sécurisation des échanges commerciaux et la protection des consommateurs congolais.
L’enquête souligne également une volonté de restructuration des services, notamment à travers la redynamisation des guichets uniques et l’optimisation des circuits de contrôle. Autant d’efforts qui, sur le papier, traduisent une ambition réelle de réforme.
Des obstacles qui freinent la mise en œuvre
Malgré ces avancées, le rapport met en évidence un décalage significatif entre les décisions prises et leur application effective.
Plusieurs recommandations du Conseil d’administration peinent à être exécutées, en raison de lourdeurs administratives et d’un manque de coordination avec l’autorité de tutelle.
Plus préoccupant encore, l’enquête évoque l’existence de résistances internes. Certains agents et acteurs syndicaux seraient accusés de freiner les réformes, notamment à travers des campagnes de désinformation ou des stratégies de blocage visant à préserver des intérêts acquis.
Cette situation crée un climat de tension qui fragilise les efforts engagés et ralentit la transformation de l’institution.

Le dossier sensible de Bivac au cœur des inquiétudes
L’un des points majeurs de l’enquête concerne le partenariat avec Bivac International. Ce dossier est présenté comme emblématique des défis auxquels l’OCC est confronté.
Le rapport évoque des insuffisances dans l’exécution des obligations contractuelles, ainsi qu’un manque de clarté dans certaines opérations. Ces dysfonctionnements auraient contribué à un manque à gagner important pour l’État congolais.
Dans un contexte marqué par la lutte contre la fraude et la corruption, ces révélations soulèvent des interrogations sur l’efficacité des mécanismes de contrôle en place et sur la nécessité de revoir certains partenariats stratégiques.
Un appel à l’intervention des plus hautes autorités
Face à ces constats, le groupe de presse appelle à une implication accrue des autorités nationales, notamment du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. L’objectif serait de garantir l’application effective des réformes engagées et de lever les blocages qui entravent le bon fonctionnement de l’OCC.
Une institution à un tournant décisif
Au terme de son enquête, L’Exode International estime que l’OCC se trouve à un moment charnière de son histoire. Les bases d’une réforme en profondeur semblent posées, mais leur réussite dépendra de la capacité des acteurs impliqués à surmonter les résistances et à privilégier l’intérêt général.
Entre volonté de changement et inerties structurelles, l’avenir de l’OCC apparaît ainsi comme un test majeur pour la gouvernance publique en République démocratique du Congo.
Freddy Longangu