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Politique

Assemblée nationale : Un mois de retard et un président intérimaire aux abonnés absents

La Rédaction

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La session de septembre, pourtant qualifiée d’« essentiellement budgétaire », peine à décoller à l’Assemblée nationale. Un mois après la rentrée parlementaire, le silence du perchoir devient assourdissant. Les plénières se font attendre, les commissions restent en léthargie, et la machine parlementaire est grippée. Une fois de plus, le retard s’installe… et cette fois, il vire au scandale.

À la tête de cette paralysie : Jean-Claude Tshilumbayi, président intérimaire de la chambre basse, dont l’autorité semble fondre comme neige au soleil face à une crise interne qu’il ne parvient ni à contenir ni à clarifier. Depuis le départ de Vital Kamerhe, poussé vers la sortie par une pétition controversée, Tshilumbayi peine à assumer sa charge. Pire, des voix s’élèvent pour signaler qu’il serait lui-même dans le collimateur de la même procédure. Comment peut-on prétendre arbitrer une maison quand on est soi-même un joueur sur la sellette ?

L’absence de leadership est criante. Et le prix à payer, c’est le retard chronique d’une institution censée incarner la régularité démocratique. Pendant que les enjeux budgétaires du pays exigent rigueur, débats et planification, l’Assemblée nationale semble engluée dans ses querelles intestines et ses calculs politiciens. Résultat : aucune plénière sérieuse depuis l’ouverture de la session. Les députés attendent, les textes patientent… et les citoyens trinquent.

Il faut dire que cette situation n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une mauvaise habitude devenue presque une règle non écrite : on lambine en début de session, comme si le temps n’avait pas d’importance, pour ensuite enchaîner les plénières marathon en toute fin de parcours, dans une précipitation qui sacrifie la qualité du travail parlementaire. Cette méthode de « gagner du temps en le perdant d’abord » est non seulement inefficace, mais dangereuse pour la démocratie. Elle vide l’action parlementaire de sa substance et transforme le calendrier législatif en une course contre la montre désordonnée.

Il est grand temps que les représentants du peuple réalisent que le fonctionnement de l’Assemblée ne saurait dépendre uniquement de la stabilité du perchoir ou de l’ambition des individus. Il s’agit ici d’une institution clé, dont la mission dépasse les intrigues politiques et les conflits de leadership.

Si Jean-Claude Tshilumbayi n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilités, qu’il le dise clairement. Car pendant que la Chambre basse tourne au ralenti, c’est l’ensemble du pays qui retient son souffle et surtout, son budget.

Le Dialogue

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