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Politique

Assemblée nationale :sur demande du député Iracan, une commission parlementaire va enquêter sur les massacres en Ituri

La Rédaction

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L’Assemblée nationale a voté, en plénière, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire destinée à faire la lumière sur les massacres ayant frappé certaines localités de la province de l’Ituri — une initiative déclenchée par la lettre du député national Iracan Unen Gratien de Saint-Nicolas, élu de de Bunia ville. Le député s’est exprimé avec émotion et détermination aux micros des journalistes en marge de la plénière du vendredi 17 octobre, saluant la décision comme « un combat gagné » pour les populations ituriennes et congolaises.

« Il est temps que la vérité éclate » : la réaction d’Iracan

Selon les propos tenus par Iracan, recueillis vendredi, il se dit « content que l’Assemblée plénière ait accepté de voter pour la mise sur pied de cette commission conformément aux articles 2011 et 2012 de notre règlement intérieur ». Il rappelle avoir initié la demande le 7 octobre et se réjouit que le bureau ait répondu huit jours après. « Il est temps que la vérité éclate et que tous ces gens qui nous accusent abusivement puissent aller en Ituri », a-t-il déclaré, insistant pour que la composition de la commission permette aux députés de l’Ouest de mieux comprendre la situation sur le terrain et de faire ensuite « rapport à la plénière pour des décisions qui vont suivre. »

Iracan affirme qu’il voit dans la création de la commission « un sentiment de joie et un combat gagné pour le peuple iturien et le peuple congolais en général ». Il évoque la poursuite des violences en Ituri en octobre et renouvelle ses graves suspicions : « on suspecte beaucoup d’éléments de nos forces armées en complicité avec les miliciens qui tuent les gens », poursuit-il, précisant son attachement aux Forces armées (FARDC) tout en demandant que soient « exfiltrés tous ces bandits qui se cachent dans notre armée et qui salissent son image. »

Sur sa situation personnelle, visé par des accusations — notamment par le gouverneur militaire de la province, Johnny Luboya Nkashama — Iracan a affirmé vouloir faire valoir sa défense : « on va continuer avec le dossier judiciaire… je vais les déférer dans des juridictions compétentes de la justice. Je ne laisserai pas tomber ce dossier jusqu’à ma mort. » Il a aussi indiqué qu’il privilégierait de rester à Kinshasa pour le moment, mais qu’il se rendra en Ituri si le bureau de l’Assemblée l’estime nécessaire : « je n’ai pas peur de l’Ituri. C’est une province où je suis aimé à plus de 90 %. »

Contexte et enjeux

La décision parlementaire intervient dans un climat tendu : Iracan est accusé par le gouverneur militaire de l’Ituri de participer, par action ou omission, à des violences ciblant des populations. Le député a, de longue date, critiqué la gestion sécuritaire du gouverneur militaire — critique qu’il a maintes fois notée publiquement — et estime que la commission constituera le lieu approprié pour vérifier faits et responsabilités. Dans ses déclarations, il appelle à une investigation transparente et à l’établissement de responsabilités, tant civiles que militaires, si nécessaire.

La commission d’enquête parlementaire aura pour mission de recueillir témoignages, documents et éléments d’enquête afin de clarifier les circonstances des massacres et des allégations qui pèsent sur plusieurs acteurs. Selon Iracan, la pluralité des députés invités à siéger — notamment des représentants de l’Ouest — permettra d’éviter une vision locale trop cloisonnée et d’assurer une appréciation nationale du dossier.

Procédure et suites possibles

Conformément aux dispositions internes évoquées par le député (articles 2011 et 2012 du règlement intérieur cités par Iracan), la commission devrait être formée sous l’autorité du bureau de l’Assemblée nationale et rendra un rapport à la plénière. Ce rapport, s’il confirme des éléments d’accusation, pourra ouvrir la voie à des poursuites judiciaires contre des personnes mises en cause, mais aussi à des décisions politiques — mesures disciplinaires, réformes de commandement, ou recommandations pour améliorer la sécurité des civils.

Iracan a clairement annoncé sa volonté que la procédure parlementaire et la voie judiciaire aillent de pair : la commission pour faire éclater la vérité et la justice pour traduire en responsabilité pénale les auteurs identifiés.

Réactions attendues et impact politique

La création de la commission est susceptible de polariser l’opinion politique et médiatique. Pour Iracan, il s’agit d’un instrument de clarification et de réhabilitation ; pour ses adversaires, ce processus doit prouver son impartialité. La présence de députés issus de différentes régions, demandée par le parlementaire, vise précisément à renforcer la crédibilité de l’enquête.

Au-delà du cas personnel du député, l’enquête parlementaire pourrait mettre en lumière des dysfonctionnements plus larges dans la gestion sécuritaire de l’Ituri et, si les conclusions le justifient, conduire à des réformes de commandement, à des réévaluations du rôle des forces déployées, voire à des actions judiciaires contre des responsables civils ou militaires

La décision de l’Assemblée nationale d’ouvrir une commission d’enquête marque une étape importante dans la recherche de vérité sur les massacres en Ituri et sur les accusations visant le député Iracan de Saint-Nicolas. Le député, qui a fait de la critique de la gestion sécuritaire du gouverneur militaire un élément récurrent de son action politique, se présente désormais déterminé à utiliser à la fois les voies parlementaires et judiciaires pour rétablir sa dignité et faire avancer la justice. L’opinion publique et les acteurs politiques attendront avec attention le rapport de la commission, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la stabilité et la gouvernance sécuritaire en Ituri.

Freddy Longangu

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