Suivez-nous sur

Politique

Rentrée judiciaire 2025 :Par la voix de Ferdinand Kitengie , la société civile appelle à une réforme de la justice et à la fin de l’impunité pour les magistrats

La Rédaction

Publié

le

À l’occasion de la rentrée solennelle de la Cour constitutionnelle tenue dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, le président de cette haute juridiction, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a livré un discours fort sur les défis structurels du système judiciaire congolais. En réaction, Monsieur Kitenge Ferdinand, figure de la société civile, a apporté une lecture critique et engagée, appelant à des réformes profondes pour une justice véritablement au service du peuple.

Une justice fragmentée à repenser

Dans son intervention, Monsieur Kitenge Ferdinand a salué la clarté du message du président de la Cour constitutionnelle, tout en posant des questions de fond sur l’organisation actuelle de la justice congolaise. Il a notamment remis en cause la pratique consistant à laisser chaque juridiction prononcer son propre discours lors de la rentrée judiciaire. « Pourquoi ne pas revenir à un système harmonisé où toutes les juridictions parlent d’une seule voix ? », s’interroge-t-il, soulignant que cette division affaiblit l’unicité du pouvoir judiciaire.

Cette désorganisation, selon lui, engendre des effets collatéraux directs sur le quotidien des magistrats, notamment sur le plan social. Entre les soins médicaux précaires et les obsèques mal prises en charge, les juges sont parfois contraints de recourir à des cotisations internes. Une situation paradoxale, alors que le chef de l’État s’est engagé à améliorer les conditions sociales des magistrats.

Vers une réforme législative ?

L’appel de Kitenge Ferdinand est sans équivoque : le Parlement doit s’impliquer pour réformer le système. Il soutient que le Conseil supérieur de la magistrature doit jouer pleinement son rôle, non seulement en matière d’organisation mais aussi de discipline. « L’impunité et la corruption doivent cesser. Il faut des sanctions, y compris pénales, contre les magistrats qui se rendent coupables de violations graves », martèle-t-il.

Il insiste également sur l’égalité de tous devant la loi, y compris les juges eux-mêmes. « Un magistrat reste un citoyen. Il doit connaître son juge naturel. Ce n’est pas une caste à part. Il faut briser ce mythe d’intouchabilité », poursuit-il, tout en appelant à une justice exemplaire, répressive en cas de faute, mais fondée sur l’éthique.

Pour une justice au service du peuple

Revenant sur les propos du président Kamuleta, Kitenge Ferdinand a souligné l’importance de certaines dispositions constitutionnelles évoquées, notamment l’article 70 qui empêche le vide juridique à la tête de l’État, ou encore les mécanismes d’interprétation constitutionnelle par la Cour.

Mais pour lui, le débat essentiel reste ailleurs : dans la capacité de la justice à répondre aux attentes du peuple. « Nous avons besoin d’une justice distributive, impartiale, qui protège les plus faibles et ne se vend pas au plus offrant », déclare-t-il avec fermeté.

Il a dénoncé avec vigueur la pratique, hélas répandue, de la « vente » des décisions de justice, qu’il qualifie de « cancer du système judiciaire congolais ». Selon lui, tant que les magistrats continueront à monnayer les décisions au détriment de la vérité et du droit, aucune réforme ne sera efficace.

Un appel fort à la responsabilité

En conclusion, la société civile, par la voix de Kitenge Ferdinand, lance un appel aux autorités judiciaires et politiques : renforcer l’autorité morale du Conseil supérieur de la magistrature, harmoniser les pratiques judiciaires et surtout, appliquer les sanctions nécessaires sans complaisance.

« Cette fois, fini le régime de l’impunité. Il est temps que la justice soit rendue véritablement au nom du peuple congolais », conclut-il.

La rentrée judiciaire de cette année 2025, plus que jamais, semble marquer un tournant dans les débats sur l’indépendance et la moralisation de la justice en RDC.

Freddy Longangu

Partager cet article
Continuer la lecture