Politique
Sokimo : le Dg Pistis Bononga révoque et fait arrêter un syndicaliste qui a osé critiquer sa mauvaise gestion

L’ atmosphère est lourde au sein de la Société minière de Kilo-Moto (Sokimo). Le directeur général, Pistis Bononga, est au cœur d’une vive controverse après l’arrestation spectaculaire, mercredi 12 novembre, du délégué syndical Roger Katende, connu pour ses prises de position critiques à l’égard de la gestion de la société.
Une arrestation qui choque le personnel
Selon les informations rapportées par notre confrère Focus Actu.cd, qui a diffusé une vidéo de la scène, Roger Katende a été interpellé dans les installations mêmes de la direction générale de la Sokimo, alors qu’il s’y était rendu pour une démarche administrative liée au paiement de ses indemnités de sortie.
Les images montrent un homme visiblement surpris et désorienté, conduit manu militari par des agents de sécurité, sans qu’il ne soit clairement informé des motifs de son arrestation ni de l’identité de son plaignant.
Plusieurs sources internes affirment que cette arrestation serait une manœuvre orchestrée par le directeur général en personne, irrité par les critiques répétées de M. Katende sur la gestion interne et les décisions jugées unilatérales au sommet de l’entreprise.
Un climat de peur à la Sokimo
La révocation de M. Katende, déjà jugée arbitraire par une partie du personnel, suivie de son arrestation dans un contexte aussi trouble, alimente un climat d’inquiétude au sein du personnel.
« C’est un signal envoyé à tous ceux qui oseraient critiquer le DG », murmure un cadre de l’entreprise sous anonymat. D’autres s’interrogent sur la survie même du syndicat à la Sokimo, tant les voix dissidentes semblent désormais muselées.
Le paradoxe Pistis Bononga
L’affaire choque d’autant plus que l’image de Pistis Bononga contraste fortement avec celle qu’il renvoyait lors de sa nomination. Propulsé à la tête de la Sokimo grâce au soutien de l’UDPS, le parti au pouvoir, le jeune directeur général incarnait alors l’espoir d’une nouvelle génération : celle issue de milieux modestes, prête à rompre avec les pratiques du passé.
Ses premières apparitions publiques, parfois maladroites, montraient un jeune homme réservé, peu rompu à l’exercice du pouvoir. Des photos de son enfance, issues d’un environnement visiblement défavorisé, avaient d’ailleurs largement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vague de sympathie.
Mais, au fil du temps, le personnage s’est métamorphosé. La sobriété des débuts a laissé place à un style de vie fastueux, entretenu par les privilèges de sa fonction. À en croire plusieurs observateurs, la simplicité du jeune homme d’hier a cédé la place à des attitudes autoritaires, inquiétant même certains de ses soutiens politiques.
Une dérive inquiétante
Pour de nombreux observateurs, l’affaire Katende illustre une dérive autoritaire préoccupante au sein d’une entreprise publique censée jouer un rôle clé dans la relance économique du pays.
« C’est une dérive qui rappelle les pires pratiques de l’époque où les dirigeants d’entreprises d’État se prenaient pour des rois », commente un analyste.
L’opinion publique, elle, s’interroge : comment celui qui devait incarner le renouveau managérial a-t-il pu si rapidement céder à la tentation du pouvoir personnel ?
Cette affaire pourrait bien être un tournant pour la Sokimo, si les autorités compétentes décident d’y regarder de plus près.
Affaire à suivre…
En attendant, l’arrestation de Roger Katende continue de faire grand bruit. Entre les accusations de dérive autoritaire et les inquiétudes sur l’avenir du dialogue social au sein de la Sokimo, le jeune DG Pistis Bononga est plus que jamais sous le feu des projecteurs.