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Politique

L’ Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de budget exercice 2026 présenté par le gouvernement

La Rédaction

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L’ Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) s’est réunie en séance plénière pour un moment politique majeur : la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a exposé l’économie du Projet de Loi de Finances (PLF) pour l’exercice 2026. Ce rendez-vous, longtemps attendu, marque une étape cruciale dans l’agenda budgétaire du gouvernement.

Un budget en forte hausse et en « équilibre »

Au cœur de l’exposé, Suminwa a défendu un budget total de 59 021 milliards de francs congolais (FC). Ce montant reflète une progression substantielle de 16 % par rapport au budget rectificatif 2025.
Elle a souligné que ce budget est présenté en équilibre — c’est-à-dire que les recettes et les dépenses sont censées se correspondre — tout en laissant une marge d’ajustement selon l’évolution du contexte macroéconomique.

Les cinq priorités du gouvernement

Dans sa défense du budget, la cheffe du gouvernement a tracé cinq axes stratégiques :

Sécurité et défense nationale : Près de 11 896 milliards FC, soit environ 30 % du budget général, seront alloués aux forces armées, à la police et aux services spécialisés. L’objectif est de renforcer leur équipement, la logistique et la prise en charge du personnel.

Affaires économiques : Le gouvernement destine 11 972 milliards FC aux infrastructures, à l’agriculture, à l’industrie et à l’énergie, avec un accent mis sur le Programme de Développement Local (PDL) des 145 territoires et des projets structurants comme Inga III.

Éducation : 6 657 milliards FC sont prévus pour consolider la gratuité de l’enseignement primaire, construire ou réhabiliter des écoles, former les enseignants et garantir les salaires.

Santé : Le budget alloue 5 579 milliards FC à la santé, particulièrement pour étendre la Couverture Santé Universelle. Les fonds viseront la maternité (soins prénatals, postnatals), la lutte contre les épidémies et l’accès aux soins dans les zones vulnérables.

Protection sociale : 1 211 milliards FC sont destinés aux pensions, aux retraites et à l’assistance des personnes déplacées internes, particulièrement dans les régions en crise.

Une architecture budgétaire claire

Suminwa a aussi présenté la structure du budget en trois masses principales :

Le budget général s’élève à 53 654 milliards FC, soit une hausse de 17 % par rapport à 2025.

Les budgets annexes atteignent 962 milliards FC (+7 %).

Les comptes spéciaux sont chiffrés à 4 404 milliards FC, en augmentation de 9 % par rapport à l’année précédente.

Débats, échanges et réception parlementaire

Face aux députés, la Première ministre n’a pas seulement présenté des chiffres : elle a engagé un dialogue avec l’hémicycle. Les échanges, qui ont duré plusieurs heures, ont permis aux élus de poser des questions, d’exprimer des inquiétudes, mais aussi de formuler des recommandations.

Au terme de ces débats, l’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de loi de finances pour 2026. Cette décision marque le feu vert pour que le texte soit transmis à la Commission économique et financière (Écofin), chargée de l’examiner en détail.

Judith Suminwa, dans sa réponse aux députés, a salué la qualité des interventions parlementaires. Elle a affirmé que leurs contributions étaient précieuses pour « affiner un budget plus réaliste et mieux aligné sur les besoins de la population ». Selon elle, ce budget dépasse la simple dimension comptable : il incarne une ambition de transformation, un instrument d’action pour la sécurité, le développement et la solidarité.

Enjeux et perspectives

Le PLF 2026 apparaît comme un outil politique fort. En concentrant près d’un tiers de l’enveloppe budgétaire sur la sécurité, Suminwa met en avant la nécessité de stabiliser le territoire, alors que certaines régions, notamment à l’Est, sont encore marquées par l’insécurité.

Par ailleurs, l’investissement dans l’économie (agriculture, infrastructures, industrie) témoigne d’une ambition de diversification et de modernisation. Le programme de développement local, en ciblant les 145 territoires, pourrait contribuer à un rééquilibrage territorial.

Sur le plan social, l’État affiche une volonté d’améliorer l’accès à l’éducation et à la santé, mais aussi de renforcer la protection des populations vulnérables à travers un filet social.

Néanmoins, cet optimisme budgétaire s’accompagne d’une prudence. La Première ministre a reconnu que les hypothèses macroéconomiques — notamment le taux de change ou l’évolution des recettes — pourraient évoluer, ce qui nécessiterait des ajustements.

Un signal fort pour les partenaires et les citoyens

Au-delà des débats internes, la présentation d’un budget équilibré et ambitieux envoie un message aux partenaires internationaux (investisseurs, bailleurs) : la RDC veut renforcer sa souveraineté financière tout en poursuivant des réformes structurelles. Le projet de loi de finances s’inscrit dans la vision du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2024-2028, notamment l’objectif de doubler les recettes courantes d’ici 2028.

Enfin, la recevabilité du projet par l’Assemblée montre que la majorité des députés soutient cette trajectoire, du moins à ce stade. L’enjeu reste maintenant de transformer cette vision budgétaire en projets concrets et en impacts tangibles pour la population congolaise.

Le Dialogue

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