Politique
Accord RDC–Etats-Unis : Néné Mainzana Mapoko plaide pour une économie verte au service des communautés locales et les peuples autochtones

Réagissant au discours sur l’état de la Nation prononcé par le président de la République, Félix Tshisekedi, la députée nationale Néné Mainzana Mapoko, élue du territoire de Bolomba dans la province de l’Équateur, a mis en avant la nécessité de placer la durabilité environnementale et sociale au cœur des partenariats internationaux de la République démocratique du Congo, notamment dans le cadre de l’accord en gestation avec les États-Unis.
Pour l’élue de l’Équateur, cet accord ne doit pas être perçu uniquement sous l’angle économique ou géopolitique, mais comme un « axe de la durabilité », fondé sur les principes de l’économie verte. « Les entreprises, qu’elles soient congolaises ou étrangères, appelées à exploiter les ressources naturelles en RDC doivent impérativement respecter les normes environnementales, sociales et économiques reconnues au niveau international », a-t-elle insisté.
Des normes strictes pour les entreprises minières
Néné Mainzana Mapoko a souligné l’importance des études d’impact environnemental et social avant toute implantation d’entreprise, en particulier dans les zones sensibles comme son territoire de Bolomba, dans la province de l’Équateur. Selon elle, aucune activité minière ou industrielle ne devrait débuter sans garanties claires sur l’indemnisation des populations affectées ou, le cas échéant, leur relocalisation dans des conditions dignes.
« La durabilité suppose que les communautés locales ne soient pas lésées. Si les populations se plaignent, le doute s’installe, et cela nuit à la crédibilité du pays sur le marché international », a-t-elle averti, rappelant que les entreprises opérant à l’échelle mondiale doivent être irréprochables quant au respect des normes environnementales et de l’habitat des populations.
La RDC, un “pays solution” face au changement climatique
La députée nationale s’est dite satisfaite de la vision réaffirmée par le chef de l’État, qui a présenté la RDC comme un « pays solution » dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Dotée d’un potentiel minier stratégique pour la transition énergétique et d’un immense patrimoine forestier, la RDC joue, selon elle, un rôle clé dans les efforts internationaux d’atténuation du réchauffement climatique.
Dans cette dynamique, Néné Mainzana Mapoko a insisté sur la nécessité d’une juste redistribution des bénéfices au profit des communautés locales et des peuples autochtones, gardiens ancestraux des forêts congolaises. « Il ne sert à rien de signer des accords ou d’obtenir des reconnaissances internationales si les fonds n’arrivent pas effectivement sur le terrain à cause de procédures complexes », a-t-elle déploré.
Des engagements financiers encore attendus
Évoquant le Fonds pour les Forêts d’Afrique Centrale, signé lors de la COP26 à Glasgow, la députée a regretté que les financements promis tardent encore à bénéficier aux acteurs nationaux, malgré l’implication d’organisations non gouvernementales et du secteur privé. Elle a appelé les partenaires internationaux à honorer leurs engagements, afin de soutenir concrètement les efforts consentis par les populations locales et autochtones.
Les tourbières de l’Équateur, un trésor mondial
Enfin, l’élue de Bolomba est revenue sur la découverte majeure des tourbières du bassin du Congo, notamment dans les territoires de Bikoro et Bolomba, qu’elle a qualifiées de patrimoine écologique d’importance mondiale. Fruit de recherches menées par des scientifiques congolais et internationaux, ces tourbières constituent l’une des plus grandes réserves de carbone au monde.
« Protéger ces écosystèmes, c’est protéger l’humanité », a-t-elle conclu, réaffirmant son soutien à la vision du président de la République et son engagement à défendre, au Parlement, une gouvernance environnementale responsable et bénéfique pour les générations présentes et futures.
Freddy Longangu