Politique
Les effets de la Dictature de Denis Sassou Nguesso sur les Étudiants Congolais de l’étranger

Depuis l’arrivée de Denis Sassou Nguesso au pouvoir en 1979, le peuple congolais a connu une situation sociale marquée par des défis persistants malgré les richesses naturelles du pays, notamment le pétrole.
Sous son régime, le Congo a traversé plusieurs périodes de troubles, y compris des guerres civiles dans les années 1990, qui ont profondément affecté la société congolaise. La pauvreté, le chômage et l’inégalité sociale restent des problèmes majeurs, exacerbés par une gouvernance souvent critiquée pour la corruption et le népotisme.
Bien que le pays ait réalisé quelques progrès en matière d’infrastructures et de développement urbain, une grande partie de la population continue de vivre dans des conditions précaires, avec un accès limité aux services de base comme la santé et l’éducation. En conséquence, la situation sociale reste tendue, avec des revendications régulières pour des réformes politiques et économiques.
En effet, La dictature de Denis Sassou Nguesso entraîne des conséquences qui dépassent les frontières du Congo. Par exemple, la guerre en Ukraine a forcé de nombreux étudiants congolais à se réfugier en Roumanie. C’est dans ce contexte que se déroule l’histoire de M. Boukinda Ingauta Exaucé Gabriel, qui, se sentant abandonné par les autorités congolaises, a suggéré la création du Collectif des Étudiants Congolais de l’Étranger, en collaboration avec d’autres étudiants congolais d’Ukraine (CODEROUK). Pour alerter le président Denis Sassou Nguesso sur les difficultés rencontrées par ces étudiants, M. Boukinda Ingauta Exaucé Gabriel a rédigé une lettre ouverte, dont des copies ont été envoyées à l’ambassade du Congo en Allemagne ainsi qu’au Ministère des Affaires Étrangères à Brazzaville. Toutefois, ces démarches sont restées sans réponse sérieuse. Seul un quotidien d’opposition de Brazzaville a réagi, en publiant une photo de M. Ingauta sous le titre ambigu de « recherche », sans développer le sujet. Il est probable que ce journal ait agi ainsi par crainte de la répression sévissant dans le pays.
À ce jour, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi officiellement, et M. Boukinda Ingauta Exaucé Gabriel, toujours à l’étranger, ne peut retourner à Brazzaville tant que M. Sassou est au pouvoir. Depuis mars dernier, sa famille fait l’objet de menaces. Dans la nuit du 3 au 4 mars 2024, des individus cagoulés ont fait irruption chez sa mère, Mme Bouyath Blandine, pour obtenir des informations sur la localisation de son fils. Ne pouvant satisfaire leur demande, elle a été violemment agressée, ne devant la vie qu’à l’argent qu’elle a remis à ses assaillants. Gravement blessée, elle a dû être amputée de la jambe droite à l’Hôpital Général des Armées de Brazzaville avant de se réfugier à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, où elle poursuit ses soins.
Craignant pour sa sécurité en cas de retour au Congo, M.Boukinda Ingauta Exaucé Gabriel a demandé l’asile politique en Roumanie en 2023. Le gouvernement congolais, vexé par ses dénonciations, semble déterminé à le faire payer pour son audace.
Face à la situation, la Roumanie doit se montrer exemplaire. Autrefois marquée par la dictature sous Ceausescu, le pays a aujourd’hui embrassé les valeurs de la démocratie et de la liberté. En accordant l’asile politique à M. Boukinda Ingauta Exaucé Gabriel, elle a l’occasion de manifester sa solidarité avec le peuple congolais, qui aspire à ces mêmes idéaux. Ce geste non seulement réaffirmerait l’engagement de la Roumanie envers la défense des droits de l’homme, mais contribuerait également à soutenir la quête de démocratie du peuple congolais, permettant ainsi à la Roumanie de renforcer sa position en tant que défenseur des libertés fondamentales sur la scène internationale.