Politique
Gabon : Brice Clotaire Oligui Nguema réussit son « deuxième coup d’Etat”

L’ élection présidentielle du 12 avril au Gabon était tout sauf une surprise. Parce que le résultat auquel elle a abouti était prévisible.
En effet, dans un pays qui vient tout fraîchement de sortir d’une dictature de plus de 50 ans et réputé loin d’être un modèle pour la démocratie en Afrique, il était difficilement envisageable d’assister à un changement au sommet de l’Etat, conformément à la promesse faite par Brice Clotaire Oligui Nguema au lendemain de son coup d’Etat militaire.
A savoir, rendre le pouvoir aux civiles après une courte période de transition.
Très bien accueillie par la classe politique gabonaise, cette promesse ne sera cependant qu’un simple effet d’annonce car, le nouvel homme fort du pays, tombeur d’Ali Bongo va vite changer d’avis en décidant de se porter candidat à l’élection présidentielle.
Chose que beaucoup redoutaient, car des nombreux analystes et autres observateurs avertis avaient émis des sérieux doutes quant à la sincérité de la promesse faite par l’auteur du coup d’Etat qui a mis fin à la ”dynastie » des Bongo au Gabon.
A la tête de l’Etat gabonais et détenant tous les pouvoirs, Brice Clotaire Oligui Nguema a suspendu la constitution de son pays et fait rédiger une charte de transition qui lui a donné la possibilité d’être candidat président de la république à l’exception d’autres responsables des institutions qui ont géré pendant la période de transition.
Difficile dans ces conditions d’envisager son échec à l’ élection présidentielle, surtout lorsque l’on sait qu’en Afrique, on organise pas une élection pour la perdre, comme l’a d’ailleurs ouvertement déclaré feu Omar Bongo, ancien président de la république gabonaise.
Brice Clotaire Oligui Nguema a cettes réussi, grâce à son coup d’Etat militaire, à déboulonner la dynastie Bongo dont les gabonais étaient fatiguésfatigué.
Ce qui incontestablement, a justifié la hausse de sa côte de popularité pendant la période du coup d’Etat.
Mais de là, dire que les gabonais voulaient nécessairement faire de lui président de la république, des nombreux analystes et observateurs restent dubitatifs et pensent que l’avènement de Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête de l’Etat gabonais avec 90% des voix à l’issue des élections du 12 avril représente un deuxième coup d’Etat, mais cette fois contre la démocratie dans ce pays.
L’ on assiste donc là à un nouveau départ pour une nouvelle aventure dictatoriale avec un homme, de surcroît militaire au pouvoir qui visiblement, donne des signaux de ne céder le pouvoir que grâce à des moyens par lesquels il a lui-même acquis ce pouvoir. Qui vivra verra !
Le Dialogue