Suivez-nous sur

Actualité

Porte-parole de l’opposition : que cache réellement l’offre de Félix Tshisekedi ?

La Rédaction

Publié

le

Comment va fonctionner l’opposition en République Démocratique du Congo sous le second et dernier mandat de Félix Tshisekedi ?

C’est la question que l’on se pose après son discours d’investiture dans lequel il a abordé la question du Porte- parole de l’opposition dont il a promis d’exhorter le parlement d’en assurer l’effectivité.

S’il faut bien analyser ces propos du président nouvellement réélu, l’on peut facilement déduire son intention de chercher à influencer ou d’avoir une main mise sur l’organisation et le fonctionnement de l’opposition.

En effet, même s’il existe  depuis des années une loi qui fixe les modalités de fonctionnement de l’opposition en Rdc en plaçant celle-ci sous le leadership d’un Porte-parole, son effectivité par contre, avait posé des sérieux problèmes à l’époque de son adoption à cause des désaccords qui étaient nés entre  les différents acteurs de l’opposition en République Démocratique du Congo.

L’ on se pose alors la question sur l’initiative que voudrait prendre Félix Tshisekedi de saisir le parlement sur cette question de Porte-parole.

Le fera-t-il directement sans associer les principaux intéressés qui sont ses opposants ?

Des nombreux analystes pensent que le nouveau président de la république, en lieu et place d’envisager avec le parlement sur comment va fonctionner l’opposition,  aurait dû plutôt l’ exhorter à s’organiser pour assurer son fonctionnement dans un cadre purement institutionnel que lui offre la loi organique portant organisation et fonctionnement de l’opposition en République démocratique du Congo.

Ce, même si l’on sait qu’il sera difficile à l’opposition d’accepter de fonctionner dans un format lui proposé par celui qui est au pouvoir, comme elle avait fait en déclinant la même offre sous le règne de Joseph Kabila au lendemain des élections de 2006.

Même s’il n’est un secret pour personne que ce poste de Porte-parole de l’opposition avait été spécialement confectionné à l’époque pour être confié à Jean Pierre Bemba Gombo dans le but de l’amener, selon ce qui se racontait, à renoncer de revendiquer la victoire de la présidentielle de 2006 au profit de Joseph Kabila,  l’Udps, parti phare de l’opposition, qui avait boycotté ces élections, était en tête de ceux qui étaient catégoriquement opposés à l’idée du Porte-parole de l’opposition.

A l’instar du parti de feu Etienne Tshisekedi, d’autres voix s’étaient levées à l’époque contre cette idée, notamment celle de l’ancien vice-président de la république, feu professeur Arthur Za’hidi Ngoma qui avait jugé inconcevable l’idée de soumettre l’opposition à l’autorité d’un Porte-parole compte de son caractère pluriel.

Aujourd’hui encore, les premières réactions contre cette idée soulevée par le président Tshisekedi sont déjà exprimées par la principale plate-forme de l’opposition LAMUKA qui l’a rejetée à cause selon elle, du caractère chaotique des élections du 20 décembre dernier.

Reste à présent à connaître ce que sera la position du parti ENSEMBLE de Moïse Katumbi , en tête des partis de l’opposition avec 18 sièges obtenus aux législatives nationales du 20 décembre 2023 et qui font de lui le parti à qui revient en principe le poste de Porte-parole de l’opposition.

ENSEMBLE acceptera-t-il de prendre ce poste ? Difficile de répondre à la question en ce moment précis où le parti de Moïse Katumbi se trouve en pleines discussions à la recherche d’une option à lever pour voir s’il faut ou non, siéger à l’Assemblée nationale.

Sauf que, dans l’hypothèse où le parti venait à décliner l’offre, il est fort possible d’assister à des manoeuvres ou combines politiques qui pourront conduire à la désignation d’un Porte-parole de l’opposition qui pourrait faire l’objet de plusieurs contestations au sein de l’opposition, particulièrement dans le camp ceux qui sont de l’aile la plus dure.

Il peut s’agir par exemple, d’un courant modéré, notamment, ceux qui se disent d’une certaine opposition républicaine et qui pourraient, estiment certains analystes, servir d’interlocuteurs avec le régime au pouvoir dans le but de montrer à l’opinion tant nationale qu’internationale que la démocratie est effective en République démocratique du Congo.

Freddy Longangu

Partager cet article
Continuer la lecture