Politique
Plusieurs députés nationaux exigent l’élection d’un bureau complet avant l’examen du budget 2026

Une fronde parlementaire s’est exprimée ce jeudi dans la salle des spectacles du Palais du Peuple. Plus de 250 députés nationaux se sont réunis pour rendre publique une déclaration politique marquante, lue par l’honorable José Engwanda. Par cette initiative, ces élus de la nation affichent leur ferme opposition à toute tentative d’examen du projet de loi de finances 2026 avec un bureau de l’Assemblée nationale jugé incomplet.
La tension couvait depuis plusieurs semaines dans les couloirs du Parlement, mais elle s’est cristallisée ce jeudi en une voix collective. Dans leur déclaration, les députés signataires pointent du doigt l’irrégularité de la situation actuelle du bureau, désormais réduit à sa portion congrue depuis les démissions de Vital Kamerhe (président) et Dominique Munongo (rapporteur adjoint), tous deux poussés vers la sortie par des pétitions internes.
Un appel à la responsabilité institutionnelle
Le bureau actuel, dirigé de manière intérimaire par le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, est sommé par les signataires de convoquer urgemment une réunion pour établir un calendrier électoral. Objectif : organiser l’élection des deux membres manquants du bureau afin de rétablir l’équilibre institutionnel au sein de l’hémicycle.
« Nous ne pouvons pas engager l’examen du budget 2026 dans ces conditions. Le respect des institutions commence par le respect de leur bon fonctionnement », a martelé l’honorable Engwanda, sous les applaudissements nourris de ses collègues.
L’ombre d’un bras de fer politique
Ce mouvement, qui rassemble aussi bien des élus de la majorité que de l’opposition, montre l’ampleur du malaise. Plusieurs observateurs y voient un signal fort adressé à ceux qui, au sein du bureau, pourraient être tentés de prolonger l’intérim au-delà du raisonnable.
Des rumeurs insistantes faisaient en effet état d’une volonté de faire passer le budget en l’état, sans attendre l’élection d’un nouveau président ni celle d’un rapporteur adjoint. Les députés frondeurs y voient une manœuvre politique inacceptable et contraire à l’esprit de la Constitution ainsi qu’au règlement intérieur de l’Assemblée.
Une pression croissante sur le bureau intérimaire
Jean-Claude Tshilumbayi se retrouve désormais face à un dilemme : convoquer rapidement le bureau pour entamer le processus électoral ou risquer une crise institutionnelle ouverte. Le calendrier budgétaire, généralement serré, risque d’être compromis si la situation perdure.
Dans les rangs parlementaires, certains commencent même à évoquer la possibilité de boycotter les séances consacrées au budget si leurs revendications ne sont pas prises en compte. « Il en va de la crédibilité de notre institution », a déclaré un député sous anonymat.
Et maintenant ?
Alors que l’Assemblée nationale entre dans une phase cruciale de son calendrier législatif, cette déclaration commune pourrait rebattre les cartes et forcer une accélération des procédures internes. Les jours à venir seront décisifs pour savoir si l’appel lancé ce 10 octobre trouvera un écho auprès de l’intérim dirigé par Tshilumbayi.
Une chose est sûre : les députés frondeurs ne comptent pas lâcher prise tant que les postes laissés vacants par Kamerhe et Munongo n’auront pas été pourvus par des élections régulières.
Freddy Longangu