Politique
Fonds Forestier National : Entre réhabilitation douteuse et nomination controversée, les magouilles au grand jour

Ce qui s’est passé ces derniers jours au Fonds Forestier National (FFN) relève du véritable scandale administratif et politique. Alors que la ministre de l’Environnement, Marie Nyange, annonçait fièrement la réhabilitation du Directeur général suspendu, Honoré Mulumba Kalala, un coup de théâtre est survenu le même soir : une ordonnance présidentielle nommant un nouveau Directeur général du FFN a été lue sur les antennes de la télévision nationale.
Une situation ubuesque qui jette le discrédit sur la gouvernance du secteur forestier et soulève de sérieuses interrogations sur les agissements en coulisses de certains conseillers influents, tant au ministère qu’à la présidence.
Un scénario rocambolesque en une journée
Le matin même, vers 9 heures, Honoré Mulumba Kalala procédait à la remise et reprise avec le Directeur général adjoint, Assan Ongala, qui assurait l’intérim depuis sa suspension. La scène, solennelle, avait valeur de réhabilitation officielle et semblait marquer la fin d’un épisode houleux dans la gestion du FFN.

Mais à la grande surprise de tous, quelques heures plus tard, une ordonnance présidentielle venait balayer cette décision ministérielle : un nouveau Directeur général du FFN était nomménommé, un certain Tshimanga Dominique.

Un événement qui plonge le secteur dans une confusion totale et fait planer de lourds soupçons d’irrégularités administratives et de manipulations politiques.
Un acte présidentiel sous question
La question qui brûle désormais toutes les lèvres est simple : le président Félix Tshisekedi était-il au courant de cette ordonnance ?
Selon plusieurs sources concordantes, le chef de l’État se trouvait en dehors du pays au moment de la signature supposée de ce document. Ce détail, loin d’être anodin, alimente les doutes sur la légalité et la légitimité de cette ordonnance, qui pourrait avoir été instrumentalisée par des conseillers mal intentionnés, tapis dans l’ombre du pouvoir.
Les conseillers de la ministre et du Palais pointés du doigt
Des informations persistantes indiquent que cette confusion au sommet du FFN serait le fruit d’un réseau de magouilles orchestré par certains conseillers de la ministre Marie Nyange, en connivence avec des influents collaborateurs de la présidence de la République.

Ces derniers auraient agi sous l’influence directe du DGA Assan Ongala, un homme qui, selon plusieurs observateurs, tirerait profit de ses appuis au Palais pour manipuler les décisions à son avantage.
Cette imbrication de complicités et d’intérêts personnels illustre à quel point le FFN, censé protéger et gérer durablement les ressources forestières du pays, est devenu un terrain de luttes d’influence et d’arrangements opaques.
Silence complice et impunité ministérielle
Malgré la gravité de la situation, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange, demeure étonnamment silencieuse.
Aucune explication officielle n’a été fournie, ni sur la réhabilitation du DG suspendu, ni sur la portée réelle de l’ordonnance présidentielle.
Pire encore, aucune mesure disciplinaire n’a été envisagée à son égard, alors même que sa responsabilité politique est clairement engagée.

Pendant ce temps, au FFN, le Comité de gestion jubile, se félicitant d’une victoire illégitime acquise dans l’opacité la plus totale. Une attitude qui frise le mépris pour les institutions et pour les règles élémentaires de bonne gouvernance.
Un appel à la transparence et à la responsabilité
Ce dossier, d’une extrême gravité, ne peut pas rester sans suite. Il appartient aux autorités compétentes, en particulier à la Présidence de la République et à l’Inspection générale des finances (IGF), de faire toute la lumière sur cette affaire.
Le secteur environnemental congolais, déjà fragilisé par la corruption et le clientélisme, ne peut se permettre de sombrer davantage dans les magouilles politico-administratives.
l’urgence d’un sursaut moral
L’affaire du FFN est plus qu’un simple dysfonctionnement administratif : c’est un symptôme d’un système malade, où la confusion des pouvoirs et les intérêts personnels étouffent l’État de droit.
Que la ministre Marie Nyange et tous ceux qui ont pris part à cette manipulation répondent de leurs actes.
Le Congo mérite mieux que des institutions transformées en terrains de manœuvres et de règlements de comptes.
Adam Mbala/ Correspondant particulier