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Politique

Crise sécuritaire dans les concessions minières : le député Eddy Ilunga Mbuyu alerte et saisit le bureau de l’Assemblée nationale

La Rédaction

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Le député national Eddy Ilunga Mbuyu a tiré la sonnette d’alarme ce mercredi au Palais du peuple, après avoir déposé une motion d’information dénonçant la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans les concessions minières de Kamoto Copper Company (KCC) et d’autres entreprises opérant dans la province du Lualaba.

Selon l’élu de Kolwezi, plus de 20 000 emplois directs et indirects offerts par KCC sont aujourd’hui menacés à cause des incursions violentes de milliers de creuseurs artisanaux. Ces derniers, affirme-t-il, s’introduisent régulièrement dans les sites industriels, commettent des vols de minerais et s’attaquent désormais aux travailleurs.

Des violences quotidiennes et un climat d’insécurité alarmant

Le député rapporte que les attaques se sont intensifiées ces dernières semaines :

« Chaque jour, on enregistre des bus caillassés, des travailleurs blessés, des engins saccagés et même des véhicules incendiés », déplore-t-il.
Une situation devenue, selon lui, « insupportable et incontrôlable ».

Plus tragique encore, plusieurs vies ont déjà été perdues.
Un commandant a récemment trouvé la mort dans la concession de TFM, et un agent de sécurité privée a été tué dans celle de KCC. Par ailleurs, des éboulements mortels continuent d’emporter de nombreux creuseurs clandestins, conséquence directe de ces intrusions massives et désordonnées.

Face à cette escalade, les agents de KCC ont observé un sit-in devant le gouvernorat du Lualaba pour réclamer l’intervention urgente des autorités.

Une crise qui dépasse les capacités provinciales

Eddy Ilunga Mbuyu précise que les autorités locales, malgré plusieurs initiatives, n’ont pas réussi à endiguer le phénomène.
Les mesures répressives appliquées jusqu’ici ont même produit des effets inverses :
augmentation des cas de banditisme dans les quartiers, vols dans les habitations, soulèvements violents et surpopulation carcérale.

Il souligne que la présence massive de creuseurs artisanaux venus de diverses provinces à la recherche de moyens de subsistance dépasse largement les capacités d’encadrement du Lualaba.
Même la création de zones de tolérance par certaines entreprises minières n’a pas suffi, tant le nombre d’artisans miniers reste élevé.

« L’État doit agir avant que le pire n’arrive »

Le député estime que cette situation, si elle n’est pas rapidement maîtrisée, risque non seulement de provoquer la fermeture de KCC, mais aussi de compromettre « la vision du Chef de l’État en matière de création d’emplois ».

Il appelle à des mesures immédiates et à moyen terme :

1. Mise en place urgente d’une commission mixte

Une structure réunissant :

des membres de l’Assemblée nationale,

des représentants du gouvernement central (mines, intérieur et sécurité),

le SAEMAPE,

le Cadastre minier (CAMI),

le gouvernement provincial du Lualaba,

les coopératives minières artisanales

et les entreprises concernées,

afin d’examiner en profondeur la crise et d’adopter des solutions concrètes.

2. Amélioration des conditions de vie dans toutes les provinces

Selon lui, la précarité économique dans plusieurs régions du pays favorise des migrations massives vers les zones minières, à la base de l’insécurité actuelle.
Il encourage donc le gouvernement à renforcer la sécurité provinciale et à doter les autorités locales d’un effectif policier et d’équipements adéquats.

Un appel pressant au gouvernement central

Pour Eddy Ilunga Mbuyu, l’heure est grave.
« Trop, c’est trop », a-t-il martelé à la presse, appelant le gouvernement central à assumer ses responsabilités afin d’éviter un effondrement social et économique dans une région stratégique pour le pays.

Le Dialogue

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