Politique
ettre ouverte aux autorités, l’université de Kalemie (Unikal) en feu !

Selon des sources concordantes au sein du ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), il est rapporté que l’actuel Administrateur du Budget (AB) de l’Université de Kalemie (UNIKAL), Jean Kirongozi, récemment élevé au rang de Professeur associé, aurait multiplié des démarches et des fréquentations au cabinet de la ministre de l’ESU, avec la bénédiction de l’actuel recteur Victor Kalunga, en vue de briguer le poste de recteur lors de la prochaine mise en place du comité de gestion.
Cette manœuvre viserait à remplacer l’actuel recteur, aujourd’hui absent de la ville, avec qui il aurait, selon plusieurs témoignages, contribué à la gestion calamiteuse de cette institution pendant plusieurs années. Les conséquences sont alarmantes : une baisse drastique des effectifs étudiants. En effet, alors qu’en 2018 année de nomination de l’actuel recteur l’UNIKAL comptait entre 2 500 et 3 000 étudiants, elle n’en compterait plus qu’environ 1 500 à ce jour, selon les déclarations faites par le recteur lui-même sur les ondes de Radio Okapi, depuis l’extérieur de Kalemie.
Face à la détérioration manifeste de la qualité de l’enseignement, de nombreux parents auraient choisi d’orienter leurs enfants vers d’autres universités.
Les mêmes sources indiquent que le groupe en question aurait également proposé, au poste d’AB, l’actuelle directrice de cabinet du recteur, assistante de formation, femme mariée, mais qui serait devenue, selon des témoignages concordants, sa concubine notoire. Tous deux auraient quitté Kalemie pour Lubumbashi afin de fuir un scandale lié à des faits d’immoralité largement connus. Le mari légitime de cette dame aurait été réduit au silence par l’octroi d’un poste subalterne aux cliniques universitaires, dans le but d’empêcher toute dénonciation de faits assimilables à du harcèlement sexuel.
Ces manœuvres viseraient à couvrir de graves fautes de gestion, notamment :
- La spoliation de la concession de l’UNIKAL ;
- La mauvaise utilisation d’un crédit de 1 200 000 USD contracté au nom de l’université auprès de la TMB ;
- La mécanisation tribalisée du personnel, conditionnée à l’appartenance ethnique du recteur ou de l’AB ;
- L’organisation illégale d’études de troisième cycle dans plusieurs filières, facturées 3 000 USD par candidat, sous le couvert de l’Université Officielle de Bukavu, sans autorisation du ministère de l’ESU, alors même que la ville de Bukavu se trouve dans un contexte sécuritaire préoccupant.
Leur mode opératoire reposerait sur la corruption de certains membres et proches du cabinet ministériel, ainsi que sur un appui politique obtenu au sein de l’AFDC-A, via son autorité morale, Bahati Lukwebo, lequel aurait été induit en erreur en nommant précipitamment l’AB président fédéral du parti dans la province du Tanganyika. Cette nomination aurait pour objectif de préparer les élections de 2028, en utilisant les ressources issues des frais académiques des étudiants et l’université comme instrument de propagande politique.
Pire encore, certains députés auraient recommandé chacun une trentaine d’étudiants bénéficiant d’une gratuité illégale, en contrepartie de leur soutien politique lors des élections de 2023.
De telles pratiques politiciennes et clientélistes ne contribuent ni à l’innovation du système éducatif dans le Tanganyika, ni au développement scientifique de notre jeune université, qui devrait demeurer un véritable haut lieu du savoir.
C’est pourquoi nous, victimes de ces agissements, lançons un cri d’alarme afin que la ministre de l’ESU ne tombe pas dans les mêmes pièges que ses prédécesseurs, notamment Steve Mbikayi (PT) et Mohindo Nzangi (AVRP), tous deux abusés par les mêmes méthodes.
L’heure est venue pour l’UNIKAL d’opérer un renouvellement immédiat de son leadership, à travers la mise en place d’un nouveau comité de gestion composé de personnes intègres, compétentes et réellement engagées à relever les défis qui ont plongé l’Université de Kalemie dans cette crise profonde.
Nous appelons les responsables nationaux du parti au pouvoir, l’UDPS-Tshisekedi, ainsi que les véritables notables du Tanganyika, à ouvrir les yeux sur ce dossier et à barrer la route à ces opportunistes devenus dangereux pour l’avenir de nos enfants.
Excellence Madame la Ministre de l’ESU, veuillez entendre les cris de détresse de vos enfants et étudiants opprimés de l’Université de Kalemie, comme vous l’avez déjà fait dans d’autres provinces en procédant au renouvellement des comités de gestion des universités et instituts supérieurs.
La Rédaction.