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Après les élus nationaux , les députés provinciaux de la Mongala haussent le ton contre le sénateur Michel Lingepo

La Rédaction

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Réunis à Kinshasa, devant le Palais du Peuple, les députés provinciaux de la Mongala, membres de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique initiée par le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont rendu publique une déclaration politique aux accents fermes à l’endroit du sénateur Michel Lingepo Molonga.
Dans leur communication, les élus provinciaux ont d’abord exprimé leur reconnaissance au Chef de l’État, qu’ils présentent comme garant du bon fonctionnement des institutions, saluant ses efforts continus pour le rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national. Ils ont également adressé leurs remerciements à la Première ministre Judith Suminwa pour sa récente mission dans la Mongala, marquée par le lancement de plusieurs projets d’intérêt général.
Un choix assumé, aujourd’hui remis en cause
Les députés provinciaux rappellent qu’à l’issue des élections de 2023, ils avaient, par consensus, porté quatre ressortissants de la Mongala au Sénat, censé incarner la « chambre de la sagesse ». Parmi eux figurait le sénateur Michel Lingepo Molonga. Or, selon les signataires de la déclaration, le comportement de ce dernier depuis le début de la législature serait en décalage avec l’esprit de cohésion et de défense des intérêts provinciaux qui avait motivé leur choix.
Ils lui reprochent notamment des prises de position publiques jugées « infondées » contre le vice-ministre du Budget, Elysée Bokumwana, au sujet de l’exécution des travaux liés au programme PDL-145 territoires, mis en œuvre avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement. D’après les députés provinciaux, ces accusations porteraient sur l’attribution d’un marché à une organisation non gouvernementale, alors même que, selon eux, les réalisations sur le terrain sont globalement saluées par la population.
Des accusations jugées « répétées et sans preuves »


Au-delà de ce dossier, les élus provinciaux dénoncent des déclarations médiatiques du sénateur qu’ils estiment attentatoires à leur honneur. Ils affirment avoir été qualifiés de « caisse de résonance du gouverneur » ou encore accusés de corruption et de détournement, alors qu’ils rappellent ne pas être gestionnaires des finances publiques.
Le gouverneur de province serait également visé par des allégations de détournement de fonds en provenance du gouvernement central, accusations que les députés provinciaux jugent non étayées.
Autre grief : les critiques du sénateur contre la nomination, par le Président de la République, de plusieurs cadres originaires de la Mongala au sein du gouvernement central. Les députés provinciaux considèrent ces déclarations comme une remise en cause injustifiée de la compétence et de la loyauté de ces responsables envers les institutions nationales.
Rupture politique et demande de procédure disciplinaire
Face à ce qu’ils qualifient de « faits graves », susceptibles selon eux de constituer des infractions au regard du droit congolais, les députés provinciaux annoncent retirer leur solidarité politique et leur soutien au sénateur Michel Lingepo Molonga.
Ils indiquent par ailleurs que les députés nationaux et sénateurs de leur regroupement auraient déjà décidé de l’exclure de leur caucus lors d’une assemblée générale.
Dans la foulée, les élus provinciaux appellent le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, à engager une procédure disciplinaire visant à lever les immunités parlementaires du sénateur concerné, afin qu’il puisse, le cas échéant, répondre de ses actes devant les juridictions compétentes.
Cette déclaration marque un tournant dans les relations entre les représentants provinciaux de la Mongala et l’un de leurs élus à la chambre haute, et pourrait raviver le débat sur la cohésion politique au sein des institutions issues des élections de 2023.

Freddy Longangu

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