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L’EFIDH monte au créneau après la levée du moratoire sur l’application de la peine de mort en Rdc
M. Larrou Kiangani k. Vita. Photo prise le 29 septembre 2023 au siège de l’EFIDH à kinshasa/Gombe.
La décision du gouvernement congolais relative à la levée du moratoire sur l’application de la peine de mort continue de susciter diverses réactions au sein des différentes organisations de la société civile.
Parmi les toutes dernières à monter au créneau pour donner leurs positions, se trouve l’ EFIDH ( Ecole de Formation Internationale en Droits de l’ Homme), une organisation non gouvernementale de défense des droits humains dont le siège administratif se trouve à Kinshasa au croisement du Boulevard du 30 juin et de l’avenue Kitona dans la commune de la Gombe.
Prenant position sur la levée du moratoire dans une interview qu’elle a accordée à la presse le week-end dernier, la présidente de l’ EFIDH, madame Marie-Thérèse Fatou Lubi a vu dans cette décision du gouvernement un recul pour une société qui se veut démocratique.
Par cette décision a-t-elle indiqué, le gouvernement congolais viole de manière délibérée, non seulement ses engagements internationaux en matière de la protection des droits humains, mais également la constitution de la république dans son article 61, qui interdit de manière stricte l’application de la peine de mort.
L’occasion faisant le laron dit-on, la présidente de l’ EFIDH a saisi l’opportunité offerte par cet entretien avec la presse pour fustiger des violations, menaces et autres entraves dont sont régulièrement victimes les activistes des droits humains membres de sa structure dans l’exercice de leurs activités.
Elle a particulièrement épinglé le cas de son assistant juridique, Larou Kiangani, aujourd’hui contraint de vivre dans la clandestinité à cause de son activisme dans la dénonciation des cas de violation des droits humains.
A propos justement de cet activisme de l’assistant juridique de madame Marie-Thérèse Fatou Lubi, il convient de signaler que dans une interview accordée à la rédaction de votre journal au mois de septembre de l’année dernière au siège de l’ EFIDH à Kinshasa, à la veille des élections du 20 décembre 2023, monsieur Larou Kiangani est revenu sur un certain nombre de sujets qui ont
marqué l’actualité du pays dont l’organisation desdites élections.
Fustigeant des dysfonctionnements dans l’organisatiin de ces élections, Larou Kiangani a eu également, au cours de la même interview, à condamner l’assassinat de l’ancien ministre des transports, Chérubin Okende ainsi que l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera dans le cadre de cet assassinat de l’ancien ministre des transports.
Ci-dessous, nous proposons l’intégralité de cette interview réalisée le 29 septembre 2023 au siège de l’ EFIDH.
Le Dialogue : Bonjour Monsieur Larou Kiangani K.Vita, voudriez-vous vous présenter à nos lecteurs?
Larou Kiangani K.Vita ::Je m’appelle Larrou Kiangani K..Vita, je suis défenseur des droits humains, marié à Madame Clarice Bambi Vita et père d’un jeune petit garçon.
LD ::Pouvons-nous connaitre votre parcours scolaire et académique ?
LKV :: J’ai commencé mes études primaires chez les catholiques et j’ai obtenu mon diplôme ‘d’État à l’institut littéraire de Selembao, lequel m’a ouvert les portes de l’Université Technologique Bel Campus où j’ai obtenu ma licence en droit public international et j’ai un master en droit de l’homme de Facultés universitaires Saint Louis.
LD : A quand remonte votre activisme au sein de l’EFIDH?
LKV :: Mon engagement officiel remonte en2010 après avoir suivi une formation sanctionnée par un brevet de parricipation. Mais il faut noter que mon activisme n’a pas commencé à l’EFIDH car bien avant, quand nous étions étudiants nous militions déjà dans ce sens. De plus j’ai adheré à l’EFIDH étant déjà Avocat.
LD : Quels sont les objectifs de votre Ong?
LKV : Nous avons pour objectif de faire de chaque congolaise et congolais des défenseurs de droits de l’homme; C’est un peu comme disait le Christ: «
Faites de toutes les nations mes disciples ».
Alors pour y parvenir, notre vision est de:
-Vulgariser les droits de l’homme en organisant des séances des formations , des séminaires, des conferences-débats sur toute l’étendue de la République.
-Enseignez à la population les droits qu’a tout être humain et particulièrement les droits de la femme et de l’enfant.
-Faciliter la compréhension et l’assimilation des notions de la democratie ; de la bonne gouvernance; de la justice et paix à travers ses instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux.
-Faciliter l’accès à la Justice c’est-à-dire les cours et tribunaux y compris les parquets.
-Créer des centres de formations sur l’ensemble du territoire, car il ne faut pas oublier que nous sommes avant tout une École de formation.
LD : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de vos activités?
LKV : Être défenseur des droits humains en République Démocratique du Congo n’a jamais été une tâche facile, nous courons tous les jours des risques d’enlèvements, d’assassinats, d’arrestations arbitraires et de toute forme de traitements inhumains de la part des autorités et principalement des policiers et militaires, qui ne supportent pas qu’un défenseur des droits de l’homme intervienne par le biais de sa fiche de monitoring lorsqu’il est témoin d’un fait infractionnel ou lorsqu’il a constaté une violation ou une tentative de violation d’un droit garanti. Car le rôle d’un défenseur des droits de l’homme est celui de veiller au respect des libertés et des droits des citoyens et aussi bien celui de dénoncer toute violation de ces droits.
Ce comportement que nous déplorons chez les hommes en uniforme est le résultat du manque de formation et d’encadrement ,d’où notre combat de tous les jours au sein de l’EFIDH.
En dehors de cela, les difficultés sont d’ordre logistique car dans certains territoires nos membres manquent le moyen de locomotion pour se rendre dans les coins et recoins de notre vaste territoire.
LD : En parlant des libertés notre confrère Stanis Bujakera est privé de liberté dans le casdre de son travail, quel est votre point de vue ainsi que celui de votre Ong par rapport à cette situation?
LKV : Nous avions déjà publié un communiqué dėnonçant cette arrestation et avions demandé aux autorités de mettre un terme à cette intimidation et à cet harcèlement à l’endroit des tous les journalistes et de manière très particulière à l’égard de Monsieur Stanis BUJAKERA car la place d’un journaliste est dans sa rédaction et non en prison ou en détention. Et dans un État de « Droit », la presse ne peut pas être muselée
Nous dénonçons dans le même ordre d’idée les intimidations et menaces de mort dont nous sommes, nous mêmes aussi victimes.
LD : Le 13 juillet dernier, le corps de l’ancien ministre des Transports et député national, Monsieur Chérubin Okende a été découvert sans vie ; Avez-vous un commentaire?
LKV : Avant tout propos, vous me permettrez de présenter en mon nom et au nom de notre Ong, toutes nos condoléances à sa famille à son épouse et à ses enfants.
Et pour répondre à votre question, je vous enverrai à ce qui s’était passé en 2010 avec l’assassinat crapuleux de notre confrère Florybert Chebeya, c’est le même modus operandi.
C’est un assassinat que nous condamnons et nous attendons la conclusion des enquêtes et au moment opportun l’EFIDH se réservera le droit de se constituer partie civile.
LD : Le 20 décembre prochain, la Céni va organiser les élections présidentielles et législatives ; Quelle est votre lecture par rapport à ces élections?.
LKV : Le principe démocratique voudrait qu’à chaque période donnée que les élections soient organisées afin que le peuple puisse souverainement choisir ses dirigeants et nous demandons à ce que ce principe soit respecté et que les autorités garantissent la sécurité aussi bien des candidats que des électeurs.
Nous déplorons seulement la mauvaise qualité des cartes d’electeurs , nous attirons l’attention des autorités de la CENI car dans plusieurs centres pour avoir son duplicata, il faut payer alors que le communiqué de la CENI est clair que le retrait du duplicata est gratuit.
LD : Quels sont les projets de l’EFIDH pour l’ année 2024?
LKV :Nous envisageons renforcer notre présence sur l’ensemble du territoire, surtout dans les territoires du Nord et Sud Kivu afin de sensibiliser nos mamans, nos soeurs et nos enfants victimes de violences sexuelles de s’armer de courage et de sortir de la honte afin de dénoncer ces agresseurs car ce n’est pas elles d’avoir honte mais plutôt à ces criminels.
Dans un second temps, nous allons lancer les travaux de constructions des centres hospitaliers, des dépôts pharmaceutiques pour aider dans la mesure du possible sur le plan humanitaire les démunis et appporter un secours d’urgence.
Propos, recueillis par Pierrot Mesa