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Le pays est bloqué, Fatshi doit au moins parler !
Plus de trois mois après la publication des résultats de l’élection présidentielle en République Démocratique du Congo, rien n’évolue et le pays se retrouve comme dans une situation de blocage.
Tenez ! Aucune communication sur la nouvelle configuration du cabinet du président de la république dont l’opinion ignore jusqu’à ce jour quand est-ce qu’il sera mis en place et qui en sera le nouveau directeur de cabinet.
Le gouvernement tarde à être mis en place, en dépit de la nomination d’un nouveau premier ministre voici déjà plus de deux semaines.
Même chose au niveau du parlement, précisément à l’Assemblée nationale où l’on parle du blocage dans le processus de mise en place du bureau définitif.
Du côté pouvoir judiciaire, c’est presque le même scénario de crise avec ces critiques adressées à la cour constitutionnelle, composée des juges hors mandat responsables, selon certains, des situations de controverse à l’image de ce qui s’observe actuellement dans la gestion du contentieux électoral où la haute cour est en train de revenir sur des arrêts qu’elle a déjà rendus en réhabilitatant des députés qu’elle pourtant invalidés.
Il n’est pas normal en effet, dans un pays qui tient à sa bonne image et qui réclame à être respecté et surtout au regard d’énormes défis à relever pratiquement sur tous les plans où l’on note des urgences, que l’on continue à rester dans une attitude comme si tout marchait bien.
Le silence du président de la république n’est pas du tout de nature à rassurer les congolais qui l’attendent dans la matérialisation de ses promesses électorales.
Déjà au pays après une période d’absence qui a laissé libre cours à des spéculations de tous genres sur son état de santé ou encore sur son supposé voyage au pays de Paul Kagame pour assister à la commémoration du 30e anniversaire du génocide rwandais, Félix Tshisekedi doit en principe s’adresser aux congolais pour les rassurer sur l’ état actuel de la nation.
Plus précisément sur la situation sociopolitique qui s’apparente pratiquement au blocage du processus de mise en place des nouvelles institutions issues des élections de décembre dernier.
Parce-que, l’on ne peut comprendre que plus de trois mois après, le pays ressemble à ce bateau sans commandant de bord qui navigue à vue.
C’est en tout cas l’impression qui se dégage au vu de ce qui se passe, d’abord à la nouvelle Assemblée nationale où, près de trois mois après sa mise en place, n’est toujours pas doté de son bureau définitif.
Un retard qui, d’après des informations concordantes, est dû à une guerre ouverte pour le contrôle du perchoir entre trois sociétaires de l’Union sacrée à savoir, Modeste Bahati Lukwebo, Christophe Mboso et Vital Kamerhe.
Il saute donc facilement aux yeux que cette guerre trouve sa raison d’être dans l’absence d’une meilleure coordination ainsi que d’une discipline au sein de la famille politique du président de la république susceptibles d’imposer à tous d’adhérer à la ligne tracée s’agissant du « partage du gâteau »
De stricte observance sous Joseph Kabila, l’on se demande aujourd’hui si cette discipline en matière de gestion des ambitions est observée dans le fonctionnement de l’Union sacrée de Félix Tshisekedi pourtant régie par une sorte de charte (acte d’engagement) à laquelle les membres ont adhéré.
Ce qui est très important pour la gestion et la prévention de certaines querelles comme celles qui sévissent actuellement pour le contrôle du bureau de l’Assemblée nationale.
Plusieurs analystes espèrent donc qu’avec le retour annoncé du président Félix Tshisekedi après son absence, une solution sera vite trouvée à cette situation s’agissant de la discipline ou de l’orientation qui sera donnée par l’autorité morale à laquelle tous doivent adhérer.
Même chose en ce qui concerne la formation du gouvernement qui prend énormément du temps à cause, selon des rumeurs qui circulent, sur des divergences qui seraient déjà nées entre la nouvelle première ministe Judith Suminwa Tuluka et l’informateur et formateur Augustin Kabuya autour de la composition de la nouvelle équipe gouvernementale.
Il s’agit des rumeurs faisant état d’une mouture du gouvernement que ce dernier aurait remis à la première ministre, mais qu’elle aurait rejetée pour initier des nouvelles consultations actuellement en cours en vue de la formation du nouveau gouvernement.
Ce qui, estiment plusieurs observateurs, va encore retarder la formation du gouvernement, surtout au regard de plusieurs candidats ministres qui se bousculent déjà au portillon, parmi lesquels des députés de l’Union sacrée invalidés par la cour constitutionnelle ainsi que des candidats malheureux qui ont « mouillé leurs maillots pendant la campagne au profit du numéro 20 » à qui il a été promis une récompense au gouvernement ou dans la mise en place des nouveaux mandataires publics.
Au regard de tout ceci, il faut aussi s’attendre à une taille éléphantesque de ce gouvernement aux défis multiples et énormes à qui les analystes donnent moins de chance quant à sa capacité à relever ces défis.
Le Dialogue