Politique
Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Me Ingole Isekemanga alerte sur l’enclavement des territoires et la pauvreté persistante dans la province de la Tshuapa

La situation des infrastructures routières et la persistance de la pauvreté dans la province de la Tshuapa préoccupent Me Ingole Isekemanga Lucien, avocat et fils de cette province, qui interpelle les autorités nationales sur l’urgence d’agir en faveur du désenclavement et du développement de cette partie de la République démocratique du Congo.
Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, le juriste dresse un tableau préoccupant des conditions de vie de nombreuses populations de la Tshuapa, confrontées notamment à la dégradation avancée des voies de communication. Il cite particulièrement les territoires de Befale, Boende, Bokungu, Djolu, Mokoto et Ikela, dont l’accessibilité demeure un défi majeur.
Des routes impraticables qui freinent l’économie locale
Pour Me Ingole Isekemanga, l’état des infrastructures routières constitue l’un des principaux facteurs qui entravent le développement économique et social de la province.

L’impraticabilité de nombreuses routes complique les déplacements des personnes, mais aussi l’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommation. Une situation qui frappe de plein fouet les agriculteurs et les petits producteurs, contraints de faire face à d’importantes difficultés pour écouler leurs récoltes.
Cette situation contribue également à l’augmentation du prix des produits et renforce l’isolement de plusieurs communautés rurales, alors même que la Tshuapa dispose d’importantes potentialités agricoles, forestières et naturelles.
La pauvreté, autre défi majeur
Au-delà de la question des routes, l’auteur de la lettre ouverte attire l’attention sur la pauvreté persistante qui touche une grande partie de la population.
Les jeunes et les femmes figurent parmi les catégories les plus exposées aux conséquences de cette précarité. Dans plusieurs localités, l’accès à l’emploi, aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable et à d’autres services sociaux essentiels demeure insuffisant.

Pour l’avocat, cette réalité contraste fortement avec les potentialités dont dispose la Tshuapa et appelle une réponse plus soutenue des pouvoirs publics.
Un appel à un programme spécial de désenclavement
Dans sa démarche, Me Ingole Isekemanga ne se limite pas à dresser un constat. Il formule plusieurs propositions à l’endroit du Président de la République.
Il plaide notamment pour la réhabilitation et l’entretien des routes nationales, provinciales et de desserte agricole, ainsi que pour la mise en place d’un programme spécial de désenclavement de la Tshuapa.
L’objectif, selon lui, serait de renforcer les connexions entre les différents territoires, les centres urbains et commerciaux et les principales zones de production agricole.

Cette stratégie permettrait, estime-t-il, de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, de stimuler l’activité économique locale et d’améliorer progressivement les conditions de vie des populations.
« La population ne sollicite pas seulement de l’assistance »
L’un des messages forts de cette lettre ouverte réside dans la volonté de présenter les habitants de la Tshuapa non pas uniquement comme des bénéficiaires d’une assistance publique, mais comme des acteurs du développement national.

« La population de la Tshuapa ne sollicite pas seulement de l’assistance ; elle souhaite bénéficier pleinement des opportunités de développement offertes à l’ensemble des provinces de la République », fait valoir l’auteur.
Il appelle ainsi à accorder une attention particulière à la Tshuapa dans le cadre des politiques nationales d’aménagement du territoire, de désenclavement et de développement des infrastructures.
Une interpellation au nom du développement équitable
À travers cette lettre, Me Ingole Isekemanga Lucien, qui se présente comme fils de la Tshuapa, entend porter la voix d’une population confrontée à des difficultés structurelles qui retarde son développement.
Son plaidoyer s’inscrit dans une perspective de développement plus équilibré du territoire national afin que les provinces disposant des fortes potentialités naturelles puissent également bénéficier d’infrastructures capables de soutenir leur effort économique et social .
La réhabilitation du réseau routier et le désenclavement des territoires apparaissent aussi, dans son argumentaire, comme des leviers essentiels pour lutter contre la pauvreté et valoriser les ressources de la Tshuapa.

Par cette interpellation, l’ auteur de la lettre ouverte espère que les préoccupations de la population de la Tshuapa retiendront l’attention des autorités nationales et déboucheront sur des actions concrètes en faveur du développement de la province.
Freddy Longangu Nkoli