Politique
Le général Olivier Gasita Mokondo a pris officiellement ses fonctions au sein de la 2ᵉ zone de défense

Le général de brigade Olivier Gasita Mokondo a officiellement pris ses nouvelles fonctions au sein de la deuxième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à l’issue de la cérémonie de remise et reprise organisée à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga.
Cette installation intervient après son affectation décidée par la haute hiérarchie militaire et consacrée par ordonnance présidentielle. Une précision s’impose toutefois : contrairement à certaines présentations de cette nomination, le général Olivier Gasita n’est pas le commandant titulaire de la 2ᵉ zone de défense.
Il exerce la fonction de commandant adjoint chargé des opérations et des renseignements, aux côtés du général-major Ngoie Kilubi Bob, commandant de cette zone. Le général de brigade Mungulu Kantanga Ignace est, pour sa part, chargé de l’administration et de la logistique.
Un vaste espace stratégique sous sa responsabilité
La deuxième zone de défense constitue l’un des principaux échelons territoriaux du dispositif militaire congolais.

Conformément à l’organisation des zones de défense, elle couvre neuf provinces : Kasaï, Kasaï-Oriental, Kasaï-Central, Lomami, Sankuru, Haut-Lomami, Haut-Katanga, Lualaba et Tanganyika.
Il s’agit donc d’un vaste espace géographique, allant du centre au sud-est de la République démocratique du Congo, avec des réalités sécuritaires particulièrement diverses.
La présence de plusieurs régions minières stratégiques, les enjeux liés à la circulation des personnes et des marchandises ainsi que la nécessité de maintenir la cohésion et l’efficacité du dispositif militaire donnent à cette zone une importance particulière dans l’architecture sécuritaire nationale.
Dans ce cadre, le portefeuille confié au général Gasita, notamment les opérations et le renseignement, revêt une dimension déterminante. Il devra contribuer à l’analyse de la situation sécuritaire, à la coordination des opérations et à la circulation de l’information militaire nécessaire à la prise de décision.
Une nouvelle marque de confiance de la hiérarchie
La nomination d’Olivier Gasita intervient dans une carrière militaire jalonnée de responsabilités dans différentes parties du pays. Avant d’accéder au grade de général, il était déjà connu comme officier supérieur des FARDC.
Son parcours public comporte notamment un passage à Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, où il a été déployé comme commandant des opérations après les violences intercommunautaires de décembre 2018. À la suite de l’assassinat de l’administrateur du territoire, le colonel Gasita avait assuré l’intérim à la tête de l’administration territoriale.

Il avait alors notamment appelé les populations déplacées à regagner leurs villages, estimant que la situation sécuritaire s’améliorait progressivement.
Son passage à Yumbi constitue l’une des séquences les plus documentées de son parcours. Des habitants avaient d’ailleurs demandé en 2019 le maintien de l’officier, certains estimant qu’il avait contribué aux efforts de pacification et de conciliation dans cette entité meurtrie par les violences.
Plus récemment, le général Gasita avait été désigné commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire, chargé des opérations et des renseignements dans la région d’Uvira, au Sud-Kivu.
Cette affectation avait provoqué de vives tensions en septembre 2025. Des groupes de la société civile et des éléments Wazalendo avaient contesté sa présence, l’accusant notamment, sans que ces accusations aient été établies par des preuves publiques, d’avoir facilité les avancées de l’AFC/M23. Le général avait finalement quitté Uvira.
Face à cette controverse, la hiérarchie militaire congolaise avait publiquement maintenu sa confiance en l’officier. Le porte-parole des FARDC, le général-major Sylvain Ekenge, avait affirmé en septembre 2025 que l’armée réitérait sa confiance au général Gasita et rappelé qu’un officier des FARDC est au service de la nation tout entière, au-delà de toute appartenance communautaire.
Le message d’un officier face à une nouvelle responsabilité
C’est dans ce contexte que le général Olivier Gasita aborde sa nouvelle mission dans la deuxième zone de défense. Dans son mot de circonstance prononcé lors de la cérémonie de remise et reprise, l’officier a d’abord choisi de placer sa prise de fonctions sous le signe de la reconnaissance.
« En ce jour solennel, marqué par cette cérémonie de remise et reprise de commandement, je voudrais, avant toute chose, exprimer ma profonde gratitude au président de la République démocratique du Congo et commandant suprême des FARDC pour la confiance qu’il vient de placer en ma modeste personne », a-t-il déclaré.
Cette déclaration prend une résonance particulière au regard de son parcours récent.
En lui confiant une responsabilité au sein d’une zone de défense aussi étendue, le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, manifeste à nouveau la confiance accordée à cet officier dans un secteur où les questions de renseignement et de conduite des opérations sont essentielles.
Le général Gasita a lui-même reconnu la portée de cette responsabilité. « Commander une zone de défense aussi vaste constitue à la fois un grand honneur et une lourde responsabilité », a-t-il souligné, traduisant ainsi la conscience des exigences liées à sa nouvelle mission.
Son discours n’a cependant pas été exclusivement tourné vers sa propre nomination. Dans un geste conforme à la tradition militaire de continuité du commandement, il a également rendu hommage à son prédécesseur pour les services rendus à la nation, les efforts consentis et le travail accompli durant son mandat.

Une mission placée sous le signe de la responsabilité
Au-delà du protocole de la cérémonie, la prise de fonctions du général Gasita apparaît comme un nouveau chapitre dans la trajectoire d’un officier qui a déjà exercé des responsabilités dans plusieurs environnements sécuritaires sensibles du pays.
Son parcours, de Yumbi au Sud-Kivu avant cette nouvelle affectation dans le Grand Katanga, témoigne d’une expérience acquise au contact de terrains où l’armée doit simultanément assurer la sécurité des populations, préserver l’autorité de l’État et faire face à des défis militaires complexes.
La nouvelle mission qui lui est confiée à Lubumbashi intervient ainsi à un moment où la deuxième zone de défense demeure un maillon important du dispositif sécuritaire national.
L’ enjeu sera notamment de renforcer la coordination des opérations et du renseignement dans les neuf provinces relevant de cette zone.
Pour Olivier Gasita Mokondo, la cérémonie de remise et reprise ne constitue donc pas seulement un changement d’affectation.
Elle marque une nouvelle étape de son parcours au sein des FARDC et, surtout, une responsabilité que l’officier dit mesurer pleinement.
En plaçant sa prise de fonction sous le signe de la gratitude envers le commandant suprême, de la reconnaissance envers le commandant sortant et de la conscience du poids de sa mission, le général Gasita a livré le message d’un officier qui entend désormais inscrire son action dans la continuité du service de l’État et de la défense de la République.
Freddy Longangu