Politique
Dialogue national inclusif : Gilbert Kankonde salue une démarche « démocratique et ouverte » de Félix Tshisekedi

La convocation d’un dialogue national inclusif par le président de la République, Félix Tshisekedi, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise.
Parmi les voix qui soutiennent cette initiative figure celle du député national Gilbert Kankonde Nkashama wa Malanga, élu de la circonscription de Dimbelenge, dans la province du Kasaï-Central, et ancien ministre de l’Intérieur.
Dans son analyse du message présidentiel, l’élu de Dimbelenge dit retenir principalement deux éléments qui, selon lui, témoignent de la volonté du chef de l’État de donner une nouvelle orientation au processus de consultation nationale : la démarche démocratique et l’ouverture, auxquelles s’ajoute une volonté d’innovation dans la manière de rechercher des solutions aux problèmes du pays.
Une consultation qui doit dépasser le cercle des acteurs politiques
Pour Gilbert Kankonde, la principale différence avec les précédents forums politiques réside dans l’élargissement de la base appelée à participer aux consultations.

« Le chef de l’État a démontré qu’il est véritablement un démocrate, un homme d’ouverture et aussi un homme d’innovation », estime-t-il, rappelant que Félix Tshisekedi a voulu que ce dialogue soit une occasion de permettre l’expression des aspirations de la population et leur prise en compte dans la recherche des solutions aux difficultés auxquelles la République démocratique du Congo est confrontée.
L’ancien ministre de l’Intérieur considère que cette approche permettrait de rompre avec une pratique longtemps décriée en RDC. Il rappelle que les précédentes conférences et dialogues nationaux ont souvent laissé dans l’opinion publique le sentiment que les consultations politiques se terminaient essentiellement par des arrangements entre dirigeants et par une répartition des responsabilités institutionnelles.
Cette fois, soutient-il, la démarche devrait être plus large et permettre aux citoyens ordinaires de faire entendre leur voix à travers différentes composantes de la société.
« La base qui va s’exprimer est élargie au niveau de tout le pays », souligne le député, évoquant notamment la participation des structures de la société civile, des institutions de l’État, de leurs animateurs ainsi que de l’opposition politique.
L’ opposition appelée à ne pas être « réticente »
Gilbert Kankonde s’interroge par ailleurs sur les réserves exprimées par certains acteurs de l’opposition face à l’initiative présidentielle.

Selon lui, les formations politiques qui affirment défendre les aspirations de la population devraient plutôt se réjouir d’un processus permettant d’aller directement à la rencontre des citoyens et de recueillir leurs préoccupations.
« Je ne comprends pas pourquoi cette opposition qui prétend défendre les aspirations de notre peuple exprime des avis réservés et même de rejet », affirme-t-il, estimant que l’élargissement de la consultation devrait être considéré comme une opportunité permettant de mieux prendre en compte la diversité des réalités congolaises.
Pour l’élu du Kasaï-Central, cette ouverture est d’autant plus importante que les préoccupations ne sont pas nécessairement les mêmes d’une province à une autre.
Les réalités provinciales au cœur des consultations
Répondant à la question de savoir en quoi ce dialogue pourrait être différent des précédents, Gilbert Kankonde insiste ainsi sur la nécessité de prendre en considération les spécificités locales.
« C’est justement cet élargissement de la base des consultations pour tenir compte de l’expression qui peut être spécifique, par exemple, à chaque province, à chaque coin de la République », explique-t-il.
L’ ancien ministre estime que le processus doit permettre aux différentes provinces d’exprimer leurs aspirations propres et de faire remonter des problèmes qui, dans le passé, auraient pu être insuffisamment pris en compte dans les grandes concertations nationales.
Cette approche, selon lui, donnerait davantage de substance à la notion de dialogue national inclusif en faisant de la population, et non des seuls acteurs politiques, l’un des principaux interlocuteurs du processus.
La guerre comme priorité nationale
Au-delà des questions politiques internes, Gilbert Kankonde place toutefois la situation sécuritaire au premier rang des préoccupations nationales.
La RDC étant confrontée à la guerre dans sa partie orientale, il estime que la recherche de la paix doit constituer une priorité préalable à tout débat politique interne.
Dans ce contexte, il rappelle que le président Félix Tshisekedi a engagé des démarches diplomatiques visant à parvenir à une solution au conflit, notamment à travers ce que les autorités congolaises présentent comme les accords de Washington.

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, la logique défendue par le chef de l’État consiste à dissocier la question de l’agression extérieure des divergences politiques internes.
« Si vous êtes Congolais, politique ou non politique, le souci majeur est d’abord de faire sortir l’agresseur de notre pays », affirme-t-il.
Selon cette lecture, le dialogue national ne devrait donc pas être conçu comme un simple cadre de partage du pouvoir entre les acteurs politiques, mais comme un espace permettant de mobiliser l’ensemble des forces vives du pays autour des enjeux fondamentaux, au premier rang desquels figure la restauration de la paix et de l’intégrité territoriale.
« D’abord la paix, ensuite les questions politiques »
Gilbert Kankonde considère ainsi que les Congolais doivent, dans le contexte actuel, privilégier ce qui relève de l’intérêt national avant les querelles politiques.
Son message rejoint, sur ce point, la démarche qu’il attribue au président de la République : obtenir d’abord la fin de l’agression et créer les conditions permettant ensuite aux Congolais de discuter entre eux des questions politiques, institutionnelles et de développement.
Pour l’élu de Dimbelenge, la réussite du dialogue dépendra donc largement de sa capacité à dépasser les mécanismes traditionnels de concertation politique et à donner une place réelle aux citoyens, aux provinces, à la société civile, aux institutions et à l’ensemble des sensibilités politiques.
En définitive, Gilbert Kankonde voit dans le message de Félix Tshisekedi une tentative de renouveler la pratique du dialogue national en RDC : une consultation plus large, davantage tournée vers les réalités de la population et inscrite dans un contexte où la paix et la défense de l’intégrité territoriale constituent, selon lui, la priorité.
Freddy Longangu