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Adonis Mbumbi Mpia : un mémoire sur les médias et l’environnement qui ouvre une nouvelle réflexion en RDC

La Rédaction

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À l’Université catholique du Congo, l’auditeur Adonis Mbumbi Mpia a défendu un mémoire consacré au rôle des médias dans la protection de l’environnement. Une étude qui met en lumière le potentiel des radios kinoises dans la sensibilisation des populations face aux défis environnementaux et aux effets du changement climatique.

L’Université catholique du Congo, site de Mont-Ngafula, a accueilli la défense du mémoire de troisième cycle DES/DEA en communication environnementale de l’auditeur Adonis Mbumbi Mpia.

Intitulé « L’apport des médias dans la protection de l’environnement : cas des radios kinoises », ce travail s’intéresse à une problématique devenue centrale pour la République démocratique du Congo : comment les médias peuvent-ils contribuer à faire évoluer les comportements et à renforcer la participation des citoyens à la protection de leur environnement ?

Pour mener son étude, le chercheur s’est intéressé à quatre stations de radio particulièrement présentes dans le paysage médiatique congolais : Top Congo FM, Radio Okapi, RTNC 2 et Radio catholique Elikya.

Quand la radio devient un outil de sensibilisation environnementale

Dans une société où la radio demeure l’un des moyens de communication les plus accessibles, notamment auprès des populations qui disposent d’un accès limité à Internet, son rôle dépasse largement celui de l’information quotidienne.

Elle peut constituer un véritable instrument d’éducation environnementale.

À travers les émissions, les magazines, les débats, les reportages et les campagnes de sensibilisation, les médias peuvent contribuer à expliquer aux citoyens les conséquences de la pollution, de la déforestation, de l’insalubrité, de la mauvaise gestion des déchets ou encore de la destruction des écosystèmes.

La communication environnementale permet ainsi de rapprocher les enjeux scientifiques et les réalités vécues au quotidien par les populations.

À Kinshasa, cette question revêt une importance particulière. Croissance démographique, urbanisation rapide, gestion des déchets, érosion, inondations et pression exercée sur les espaces naturels illustrent les nombreux défis auxquels la capitale congolaise est confrontée.

Dans ce contexte, le travail d’Adonis Mbumbi Mpia ouvre une réflexion sur la capacité des radios à accompagner les citoyens dans la compréhension de ces phénomènes et dans l’adoption de comportements plus respectueux de l’environnement.

Un sujet au cœur des défis climatiques de la RDC

La République démocratique du Congo dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel et joue un rôle majeur dans les équilibres environnementaux mondiaux, notamment grâce à son immense couvert forestier et au bassin du Congo.

Mais ce potentiel environnemental s’accompagne de responsabilités considérables.

Les effets du dérèglement climatique se manifestent déjà à travers différents phénomènes qui affectent les communautés : épisodes de fortes pluies, inondations, érosion, dégradation des terres et vulnérabilité accrue de certaines populations.

Face à ces défis, l’action des pouvoirs publics ne peut être dissociée de celle des médias.

Une politique environnementale efficace suppose en effet une population informée, sensibilisée et capable de comprendre les enjeux liés au climat et à la préservation des ressources naturelles.

C’est précisément à ce niveau que la communication environnementale prend toute son importance.

Une contribution qui mérite de dépasser le cadre universitaire

L’intérêt du travail défendu par Adonis Mbumbi Mpia réside notamment dans le fait qu’il place les médias au centre de la réflexion environnementale.

L’étude des quatre radios choisies peut permettre de mieux comprendre les pratiques journalistiques, les thématiques privilégiées, les mécanismes de sensibilisation utilisés ainsi que les limites auxquelles les médias peuvent être confrontés lorsqu’ils traitent des questions environnementales.

Cette démarche constitue une contribution importante à la réflexion sur le rapport entre information, communication, changement des comportements et protection de l’environnement.

Au-delà de l’université, les enseignements d’une telle recherche pourraient intéresser les institutions publiques, les organisations environnementales, les médias et les partenaires engagés dans la lutte contre le changement climatique.

Le gouvernement appelé à valoriser la recherche scientifique

L’un des enjeux majeurs soulevés indirectement par cette étude concerne l’utilisation des travaux scientifiques dans l’élaboration des politiques publiques.

Les recherches universitaires consacrées à l’environnement ne devraient pas rester confinées aux bibliothèques ou aux salles de défense. Elles peuvent fournir aux décideurs des données, des analyses et des pistes susceptibles d’améliorer les stratégies nationales.

Dans cette perspective, les conclusions et recommandations issues du mémoire d’Adonis Mbumbi Mpia mériteraient d’être examinées par les autorités compétentes en matière d’environnement, de communication et de climat.

Une meilleure collaboration entre universités, médias, pouvoirs publics et organisations environnementales pourrait notamment permettre de concevoir des programmes de communication climatique plus réguliers, plus accessibles et davantage adaptés aux réalités locales.

L’objectif serait de faire de la radio un véritable relais de la politique environnementale nationale, particulièrement dans les zones où l’accès aux autres moyens d’information reste limité.

Des médias davantage impliqués dans l’éducation climatique

Le défi consiste désormais à aller au-delà de la simple diffusion occasionnelle d’informations environnementales.

Les médias pourraient contribuer davantage à la vulgarisation des connaissances climatiques, à la promotion des écogestes, à l’explication des politiques publiques, à la lutte contre les fausses informations environnementales et à la mise en valeur des initiatives communautaires.

Des émissions spécialisées pourraient également donner davantage la parole aux scientifiques, aux climatologues, aux environnementalistes, aux autorités locales et aux communautés directement affectées par les changements environnementaux.

Cette approche contribuerait à instaurer une véritable culture environnementale au sein de la société.

Une recherche qui peut ouvrir de nouvelles perspectives

La défense du mémoire d’Adonis Mbumbi Mpia intervient ainsi dans un contexte où la question environnementale devient de plus en plus incontournable en RDC.

Son travail met en avant un acteur parfois sous-estimé dans les politiques de protection de l’environnement : le média.

En démontrant l’intérêt d’étudier la contribution des radios à la sensibilisation environnementale, cette recherche peut encourager de nouvelles études sur le rôle de la télévision, de la presse écrite, des médias numériques et des réseaux sociaux dans la communication climatique.

Elle pourrait également contribuer à renforcer le dialogue entre le monde académique et les professionnels des médias autour d’une question devenue vitale pour les générations présentes et futures.

Faire de la communication un pilier de la politique environnementale

La lutte contre les effets du changement climatique ne repose pas uniquement sur les grandes décisions institutionnelles. Elle dépend également de la capacité des populations à comprendre les risques, à modifier certaines pratiques et à participer aux solutions.

Dans cette bataille, l’information et l’éducation constituent des leviers essentiels.

Le travail présenté par Adonis Mbumba Mpia rappelle donc une évidence : une politique environnementale ambitieuse doit aussi être une politique de communication efficace.

Son étude apparaît, à ce titre, comme une contribution académique susceptible d’alimenter le débat national sur la place des médias dans la protection de l’environnement.

Il appartient désormais aux institutions publiques, aux médias et aux acteurs de la société civile de tirer parti de ce type de recherche pour renforcer la sensibilisation et la mobilisation citoyenne.

De l’université aux politiques publiques, le défi est désormais de transformer les connaissances produites par la recherche en actions concrètes au service de l’environnement et de la résilience climatique de la République démocratique du Congo.

Le Dialogue

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