Politique
Scandale à la Formation professionnelle : des membres du cabinet du ministre seraient écartés d’une prime de 400$

Une information parvenue à la rédaction du journal Le Dialogue fait état de tensions autour d’une prime évaluée à 400 dollars américains, qui aurait été destinée à chaque agent de l’administration du ministère de la Formation professionnelle.
Selon une source proche du dossier, le Secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle aurait tenu à ce que cette prime puisse bénéficier à l’ensemble des agents concernés, y compris les membres du cabinet du ministre de tutelle, Marc Ekila.
Dans cette démarche, le Secrétaire général aurait saisi le directeur de cabinet du ministre afin d’obtenir la liste des membres du cabinet susceptibles de bénéficier de cette prime. Le directeur de cabinet se serait exécuté et aurait transmis la liste demandée.
Toujours selon notre source, les différentes listes auraient ensuite été soumises au ministre Marc Ekila pour signature, étape qui aurait permis le décaissement des fonds et le paiement des bénéficiaires.
C’est à ce moment-là que la situation aurait pris une autre tournure.
Notre source affirme que le ministre aurait constaté que les noms des membres de son cabinet figuraient parmi les bénéficiaires de la prime. Marc Ekila aurait alors refusé que ces noms apparaissent sur les listes définitives et aurait demandé leur retrait.
Le cabinet du ministre aurait été réuni
Quelques temps plus tard, le ministre aurait réuni les membres de son cabinet afin de leur faire part de sa position concernant cette prime.
Toujours d’après les informations recueillies par Le Dialogue, le ministre leur aurait clairement signifié qu’il ne souhaitait pas les voir bénéficier de cette allocation et aurait tenu, à cette occasion, des propos particulièrement fermes à leur endroit.
Selon notre source, Marc Ekila aurait notamment déclaré aux membres de son cabinet que s’ils pensaient avoir rejoint cette structure dans le but de « s’enrichir derrière son dos », ils se tromperaient, ajoutant qu’ils ignoreraient le prix qu’il aurait lui-même payé pour parvenir à la position qu’il occupe aujourd’hui.
Ces propos, rapportés par notre source, n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante par Le Dialogue.
Le journal ne dispose pas, à ce stade, d’un document officiel établissant les échanges rapportés ni d’un enregistrement permettant de confirmer les déclarations attribuées au ministre.
Des interrogations sur la gestion des avantages accordés
aux agents publics
Si les faits rapportés venaient à être confirmés, cette affaire pourrait soulever plusieurs interrogations sur les modalités d’attribution des primes au sein de l’administration publique, ainsi que sur les rapports entre les membres des cabinets ministériels et leurs autorités de tutelle.
La question pourrait également être posée de savoir sur quelle base certains agents seraient exclus d’une prime lorsqu’ils figureraient initialement parmi les bénéficiaires retenus par l’administration.
Dans un contexte marqué par la précarité économique et sociale d’une grande partie de la population congolaise, une prime de 400 dollars pourrait représenter une somme significative pour un agent de l’administration. Son attribution, son financement et les critères déterminant les bénéficiaires mériteraient donc, le cas échéant, d’être expliqués avec précision.
Il conviendrait toutefois d’éviter toute conclusion définitive avant que les faits ne soient établis et que les différentes parties concernées puissent faire valoir leur version.
Le ministre interpellé sur sa version des faits
Au regard de la gravité des informations rapportées, Le Dialogue estime qu’il serait important que le ministère de la Formation professionnelle puisse apporter des éclaircissements sur cette affaire, notamment sur l’existence de cette prime, son montant, les critères d’éligibilité et les raisons qui auraient éventuellement conduit au retrait des membres du cabinet ministériel des listes de bénéficiaires.
La rédaction resterait ainsi disposée à recueillir la version du ministre Marc Ekila, du Secrétaire général du ministère ainsi que de toute autre personne directement concernée par cette affaire.
Didier Muzi /CP