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Politique

Isp/Tshikapa : Emery Kalamba Katumba plaide pour un meilleur accès à Internet et la régularité de la paie des enseignants

La Rédaction

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En séjour à Kinshasa dans le cadre des recherches sur la mise en œuvre du système Licence-Master-Doctorat (LMD), le Secrétaire général académique de la recherche de l’Institut supérieur pédagogique de Tshikapa (ISP/Tshikapa), Emery Kalamba Katumba, a plaidé pour un meilleur accompagnement des établissements d’enseignement supérieur et universitaire de l’intérieur du pays. Il a notamment insisté sur l’accès à Internet, l’installation effective des bibliothèques numériques et la régularité de la rémunération du personnel académique et scientifique dans la province du Kasaï.

La mise en œuvre du système Licence-Master-Doctorat (LMD) en République démocratique du Congo nécessite un accompagnement conséquent des établissements d’enseignement supérieur et universitaire, particulièrement ceux situés à l’intérieur du pays. C’est le plaidoyer formulé par Emery Kalamba Katumba, Secrétaire général académique de l’ISP/Tshikapa, à l’issue de son séjour de recherche à Kinshasa.

Selon ce responsable académique, cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités universitaires de l’intérieur du pays de renforcer leurs capacités et de recueillir auprès des professeurs et experts de la capitale les informations nécessaires à la consolidation du système LMD au sein de leurs établissements respectifs.

« Nous venons à Kinshasa pour mener des recherches et recueillir des informations nécessaires auprès des grands professeurs afin de stabiliser les institutions que l’État nous a confiées », a-t-il expliqué.

Le système LMD, une réforme à consolider

Pour Emery Kalamba Katumba, le système LMD constitue une réforme prometteuse pour l’enseignement supérieur et universitaire congolais. Il estime toutefois que sa réussite dépend notamment des moyens mis à la disposition des établissements, de l’accompagnement des autorités et de l’accès aux ressources documentaires.

Le Secrétaire général académique de l’ISP/Tshikapa a salué les efforts qu’il attribue à la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire pour la consolidation de cette réforme à l’échelle nationale.

Il a également souligné la nécessité, pour les responsables académiques des provinces, de multiplier les échanges scientifiques et administratifs afin de mieux maîtriser les exigences du système LMD et d’en assurer une application efficace dans leurs institutions.

Au cours de son séjour dans la capitale, Emery Kalamba Katumba a notamment échangé avec le Secrétaire général à la recherche de l’Université pédagogique nationale (UPN), ainsi qu’avec le Secrétaire général de la Haute École de commerce. Il a également bénéficié de l’accompagnement du professeur Ngiyulu, de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), qui lui a fourni des informations susceptibles de contribuer à l’amélioration des activités de recherche dans sa province.


Ces échanges devraient, selon lui, permettre de renforcer les capacités des chercheurs et d’améliorer l’encadrement scientifique des étudiants de l’ISP/Tshikapa.

L’accès à Internet, un défi majeur pour les chercheurs du Kasaï

Parmi les difficultés auxquelles sont confrontés les établissements d’enseignement supérieur et universitaire du Kasaï, le manque d’accès régulier à Internet figure en bonne place.
Emery Kalamba Katumba déplore que cette situation limite les possibilités de recherche documentaire des enseignants, des chercheurs et des étudiants, qui éprouvent des difficultés à consulter des ouvrages scientifiques et des publications disponibles en ligne.

Il rappelle que, sous le ministère de l’ancien ministre de l’ESU, Muhindo Nzangi, une commission venue de Kinshasa avait procédé à la formation du personnel et à la préparation de l’installation d’une bibliothèque numérique dans les établissements de l’intérieur du pays.

Cependant, souligne-t-il, la pleine opérationnalisation de cette infrastructure demeure tributaire de la disponibilité d’une connexion Internet fiable.
« Nous demandons au gouvernement central de s’impliquer pour que la connexion Internet soit installée et opérationnelle à l’intérieur du pays.

Cela permettra aux chercheurs et aux étudiants d’accéder à des informations fiables et de disposer des ressources nécessaires à leur formation universitaire », a-t-il plaidé.

Le responsable académique affirme avoir également abordé cette question au ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, où il a échangé avec des conseillers de la ministre.

À l’en croire, des pistes de solution lui ont été présentées et des assurances lui ont été données quant à la volonté des autorités de soutenir le déploiement du système LMD, notamment par le développement des bibliothèques numériques et l’amélioration de la connectivité Internet dans les provinces.

Emery Kalamba Katumba se dit ainsi confiant quant à une évolution favorable de la situation, tout en appelant à un engagement concret des pouvoirs publics pour réduire les disparités entre les établissements de la capitale et ceux de l’intérieur du pays.

La rémunération du personnel, une préoccupation persistante

Au-delà des enjeux liés à la recherche scientifique, le Secrétaire général académique de l’ISP/Tshikapa a également dénoncé les difficultés persistantes de rémunération du personnel de l’enseignement supérieur et universitaire dans la province du Kasaï.

Il considère la régularité de la paie comme une condition essentielle au bon fonctionnement des établissements et à la stabilité du calendrier académique.

Selon ses explications, les difficultés observées depuis la mise en place de la bancarisation des salaires continuent de pénaliser plusieurs agents et fonctionnaires de l’État, notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur et universitaire.

Profitant du passage de députés nationaux élus du Kasaï en vacances parlementaires, Emery Kalamba Katumba indique avoir porté cette préoccupation auprès de plusieurs représentants de la province, notamment les honorables Dialo Mbemba, Guy Mafuta Kabongo Muanayala, Edo Pascal Mulangu, Hyppolite Ngalamulume et Mulamba Simon.

L’objectif de ces échanges était, explique-t-il, d’amener les élus à transmettre les préoccupations du personnel au gouvernement central afin que des solutions durables soient trouvées.
« La rémunération est une question prioritaire. Nous sommes dans un secteur qui exige une présence régulière auprès des étudiants.

Lorsque les enseignants sont contraints d’abandonner leurs activités académiques pour courir derrière leurs salaires, c’est la formation des étudiants qui en pâtit », a-t-il fait valoir.

La CADECO présentée comme une piste de solution

Dans sa démarche, Emery Kalamba Katumba s’est particulièrement félicité de la prise en charge de certains établissements par la Caisse d’épargne du Congo (CADECO), qu’il présente comme une expérience encourageante pour le personnel de l’ESU au Kasaï.
Il cite notamment le cas de l’ISP de Kamwesha, dont le personnel est désormais pris en charge par cette institution financière.

Comparant cette expérience aux difficultés rencontrées précédemment avec d’autres opérateurs de paie, il estime que la CADECO offre des conditions de prise en charge qu’il juge plus satisfaisantes, notamment en matière de considération du personnel et de régularité des paiements.

Il plaide ainsi pour que le gouvernement central examine la possibilité de confier à une même institution financière, notamment à la CADECO, la prise en charge des agents de l’enseignement supérieur et universitaire dans les six provinces issues du Grand Kasaï.

Pour lui, une telle mesure pourrait contribuer à réduire les retards de paiement et à garantir aux enseignants des conditions plus favorables à l’exercice de leurs fonctions.

Le responsable académique déplore en effet que certains agents connaissent des retards de rémunération de plusieurs mois, une situation qui, selon lui, fragilise le fonctionnement des établissements et perturbe les activités d’enseignement.

Préserver la qualité de l’enseignement et lutter contre les antivaleurs

Pour Emery Kalamba Katumba, la question salariale dépasse le seul cadre administratif. Elle touche directement à la qualité de l’enseignement, à la stabilité des institutions et aux conditions de vie des agents publics.

Il rappelle que le salaire revêt un caractère alimentaire et qu’un retard prolongé de paiement expose les agents à des difficultés sociales considérables.
Il estime également que la régularité de la rémunération peut contribuer à prévenir certaines pratiques contraires à l’éthique professionnelle.

Dans cette perspective, il appelle le gouvernement central, sous l’impulsion du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à prendre des mesures susceptibles de garantir une rémunération régulière aux agents et fonctionnaires de l’État, en particulier ceux de l’enseignement supérieur et universitaire.

Selon lui, l’amélioration des conditions salariales permettrait aux enseignants de se consacrer pleinement à leurs responsabilités pédagogiques, scientifiques et administratives, au bénéfice des étudiants.

Un appel à un accompagnement durable des établissements de l’intérieur

Au terme de son plaidoyer, le Secrétaire général académique de l’ISP/Tshikapa invite les autorités nationales à accorder une attention particulière aux réalités des établissements situés à l’intérieur du pays.

Il estime que la réussite du système LMD ne peut être pleinement assurée sans des infrastructures numériques adaptées, un accès facilité à la documentation scientifique et une politique de rémunération garantissant la stabilité du personnel.

Son message se veut ainsi un appel à la solidarité institutionnelle entre Kinshasa et les provinces, afin que les étudiants et les chercheurs du Kasaï puissent bénéficier des mêmes possibilités d’accès au savoir et aux ressources scientifiques que leurs homologues de la capitale.

Pour Emery Kalamba Katumba, l’avenir de l’enseignement supérieur et universitaire en République démocratique du Congo passe nécessairement par un engagement accru de l’État en faveur de la recherche, de la modernisation des infrastructures et de l’amélioration des conditions de travail des enseignants.

Son plaidoyer repose sur une conviction essentielle : la consolidation du système LMD doit s’accompagner de solutions concrètes aux difficultés matérielles, numériques et salariales qui freinent encore le développement de l’enseignement supérieur et universitaire à l’intérieur du pays.

Par Freddy Longangu

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